Regards sur le monde

Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /2007 22:44
Edouard et moi-même étions invités ce week-end à Zagreb par l’EDLR pour présenter notre parti au conseil. L’ELDR est le parti Européen des libéraux démocrates et réformateurs. Il a été créé en 1966, il est présent au parlement européen au sein du groupe ALDE (ELDR + parti démocrate dont l’UDF fait parti) dont il représente 2/3. L’ALDE représente 15% des sièges au parlement et est la 3ème force. Il regroupe plus de 50 partis politiques de l’Atlantique à l’Oural. Tous les pays sont représentés sauf la France et la Grèce. L’ELDR est à l’origine d’un nombre important de directives libérales en Europe comme la directive service, la dérèglementation des Télécoms, des services postaux (en cours).


Nous avons été invitées à présenter la situation politique en France à l’orée des élections et à présenter Alternative Libérale. L’intervention d’Edouard Fillias a été largement applaudie, notamment sur notre démarcation ni socialiste, ni conservateur et les différents membres des délégations des partis libéraux Européens ont largement salué le travail nécessaire et indispensable d’Alternative Libérale en France. Les libéraux français sont depuis longtemps absent de cette grande famille libérale Européennes et leur retour est vivement apprécié.

 

Les libéraux en Europe réussissent à peser de manière significative dans les gouvernements de coalition en formant des alliances opportunes avec des partis socialistes, centristes ou conservateurs. Par exemple en Allemagne le FDP a été dans les gouvernements pendant 40 ans alternativement avec le SDP ou avec le CDU. Au Danemark, en Finlande, en Roumanie, en Belgique, en Estonie et à Andorre, les premiers ministres actuels sont issus de partis libéraux. Cette stratégie de coalition est choisie par Alternative Libérale.

Ainsi, le choix du parti libéral de soutenir François Bayrou s’inscrit dans cette perspective pour changer les règles du fonctionnement de la politique en France et promouvoir les réformes institutionnelles nécessaires au déblocage du pays. Ce choix de soutien à François Bayrou a été salué comme gage de sérieux. Alternative Libérale joue pleinement la stratégie d’influence des libéraux Européens. Les libéraux Européens trouvent qu’il est le candidat le plus proche de notre famille politique.

Nous revenons très enthousiastes de ces 2 jours de travail passés avec l'ELDR. Nous sommes convaincus que unis les libéraux français peuvent peser électoralement et que notre famille doit persévérer dans cette stratégie gagnante d'alliance.

L.L.

 

 

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /2007 16:53
Vous trouverez ci-après le communiqué officiel de l'ELDR sur la campagne présidentielle Française.

Les raisons sont pragmatiques, la première chose à faire en France: réforme institutionnelle car nous devons recréer une confiance des français dans leurs politiques, pour pouvoir leur proposer des réformes plus profondes.

Bonne lecture !

La France est dans la dernière ligne droite avant l’élection présidentielle historique de ce dimanche qui s’inscrit dans un contexte de taux de chômage élevé, de faible croissance économique et de crainte face à la globalisation. A la veille de ce vote crucial pour la France et pour l’Europe, le Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs a exprimé son soutien au candidat centriste François Bayrou.

Nous sommes à un moment décisif pour l’Europe. En effet les priorités et les méthodes de gestion du nouveau Président français auront des répercussions pour le continent tout entier. Grâce à un programme crédible de réformes, à son engagement européen et à sa volonté de rassembler, François Bayrou est le seul candidat capable de réformer la France et de créer un avenir meilleur pour la France et pour l’Europe,” a déclaré Annemie Neyts, Députée européenne et Présidente du Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR).

François Bayrou est un ardent défenseur d’une Europe fédérale. En 2004, il a participé au lancement de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe, troisième principal groupe parlementaire au Parlement européen. En étroite collaboration avec le groupe ADLE, les Libéraux Démocrates d’Europe travaillent ensemble en faveur d’une Europe en mesure de favoriser le développement des libertés individuelles, d’une culture de l’entreprise libre et dynamique, de la solidarité économique et sociale, de la protection de l’environnement et du respect et de la tolérance pour la diversité culturelle, religieuse et linguistique.

Les principaux hommes politiques Libéraux Démocrates Européens, que sont les Premiers Ministres Anders Fogh Ramussen, Matti Vanhanen et Andrus Ansip ont démontré que l’approche des libéraux démocrates pour favoriser une économie très compétitive ouvre la voie à la création de plus d’emplois et de meilleurs emplois et permet aux citoyens et aux entreprises de recueillir les bénéfices de la globalisation, ce qui constitue précisément ce dont la France a besoin aujourd’hui.


A propos de l'ELDR:

Le Parti Européen des Libéraux Démocrates et Réformateurs aisbl (Parti ELDR) rassemble 51 partis politiques qui partagent des idéaux libéraux, démocrates et réformateurs communs, et constitue le forum dans lequel ses partis membres développent une politique européenne coordonnée.


Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /2007 02:20
Jeudi prochain, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac apparaîtront ensemble pour la journée de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition. C’est en Mai 2006, lorsque Nicolas Sarkozy était président de l’UMP qu’il avait exprimé sa « satisfaction de voir enfin s’organiser » cette journée de commémoration.


Déjà en 1776 l’article de l’Encyclopédie rédigé par Louis de Jaucourt condamne l’esclavage. Malgré les efforts depuis 1788 de Condorcet et d’autres, ce n’est que le 4 février 1794 que la Convention abolit l’esclavage. Malgré tout, nombre de possessions françaises ne respecteront pas cette abolition. Napoléon rétablira d’ailleurs cette pratique le 20 mai 1802 et interdit les mariages mixtes. Cette position déclancha une guerre d’indépendance à Saint-Domingue. Le 27 avril 1848, un nouveau décret, signé par Lamartine sous l’impulsion de Victor Schoelcher suite à un voyage en Amérique (une société de colonisation américaine créée en 1821 l’Etat du Libéria en Afrique de l’Ouest pour y installer des noirs libérés), abolit l’esclavagisme pour de bon en France. Le Portugal est le premier pays d’Europe à abolir l’esclavage en 1761. Le dernier pays à abolir l’esclavage malgré la déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unis du 10 décembre 1948 est la Mauritanie en 1980.

Cette journée est aussi le rappel des combats pour le respect des personnes et les libertés individuelles menées par les libéraux. Frédéric Bastiat élu député des Landes en 1848 et réélu en 1849 prit part dans le débat en combattant l’esclavage et les politiques colonialistes en défendant le libre-échange.

Dans le monde, l’esclavage n’a pas totalement disparu et revêt des formes modernes. Selon l’ONU c’est environ 2 millions de personnes chaque année qui sont réduites à l’esclavage. Au Soudan par exemple, les Musulmans du nord applique de force la Charia aux communautés noires chrétiennes et animistes qui se sont rebellées, en massacrant les populations civiles de nombreux villages et en enlevant des enfants pour les convertir à l’Islam. C’est la guerre du Darfour. Les Janjawid, une milice arabe soutenue par le gouvernement Soudanais ciblent systématiquement ces communautés et les forces rebelles dont le but est l’établissement d’un Soudan démocratique. Au-delà de cette crise de religion, des enjeux géopolitiques plus important enlise cette guerre civile qui a fait plus de 300 000 morts car la Chine (membre de la SCO, l’alliance militaire Sino-Russe) achète les deux tiers du pétrole Soudanais et vend à Khartoum de l’équipement militaire. La Chine s’est d’ailleurs montrée opposée à toute sanction et ingérence de l’ONU dans les affaires soudanaises en usant de son droit de veto.

Il serait de bon ton que notre nouveau président de la République puisse profiter de cette journée de commémoration pour évoquer cette situation désastreuse. La relance du processus de construction politique de l’Europe a un sens : celui de pouvoir faire pression avec nos alliés américains sur les autres puissances et si nécessaire en dehors du cadre des institutions internationales. Car comment peut-on tolérer de faire du commerce avec un pays lorsqu'il cautionne dans d'autres parties du monde des génocides ?

L'esclavagisme, c'est aussi le sort d'Aung San Suu Kyi, opposante politique séquestrée en Birmanie et dont je vous invite à voir le site de soutien de l'association Ask For Freedom et l'excellent film de mon ami réalisateur Julien Baillargeon, avec le soutien de Jeanne Moreau.



J’ai la conviction qu’une fédération des Etats Européens est nécessaire, unis par une seule voix en matière de défense et politique étrangère. Cette fédération pourrait y incorporer les états qui le souhaitent à l’intérieur du périmètre des 27 Etats membres. Les pays de la fédération doivent être unis par une constitution courte, simple et lisible par tous définissant nos droits, devoir et valeurs. Cette fédération doit inspirer à la paix et l’unification des peuples ailleurs dans le monde, créant ainsi une vaste zone de libre-échange.

Aujourd'hui, je veux d'une mondialisation et d'une mondialisation qui s'achève rapidement. La mondialisation tend à sortir le commerce du périmètre des Etats. Cette inter-dépendance ainsi créée, c'est aujourd'hui la seule manière de prévenir toute nouvelle guerre mondiale et de réduire à néant les différents conflits régionaux pour enfin créer une paix durable.

Nos valeurs sont universelles et elles nous concernent tous. Pour reprendre le slogan d'Ask For Freedom: "Je ne suis pas libre, si tu ne l'es pas".

L.L.

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 22:18

Le 1er Juin 2007, nous recevions à Paris Markus Loening, député berlinois du FDP (parti libéral Allemand) et vice-président de l’ELDR (parti libéral-démocrate Européen), pour un échange de vues sur l'Europe.

IMG-4775.JPG (de gauche à droite: Patricia Commun - Professeur d'économie spécialiste en Ordolibéralisme, Markus Loëning, Sabine, votre serviteur, Emmanuel Page - Représentant d'Alternative Libérale à Berlin et Edouard)

Les libéraux des deux côtés du Rhin se sont entendus sur le projet d'une Europe politique Fédérale, qui soit également une zone de libre-échange complètement intégrée. Une Europe capable d'un rayonnement international et d'une influence concrète en faveur des droits de l'homme, partout dans le monde.

Non seulement la création en 2001 d’une alliance militaire conclue entre la Russie, la Chine et les dictatures d’Asie centrale (SCO), les problèmes migratoires et de terrorisme, demandent à l’Europe qu’elle parle maintenant d’une seule voix et qu'elle renforce son unité politique.

Nous, libéraux, appelons donc à la ratification rapide d’un traité simplifié qui permette à l’Europe de se doter d’un ministre des Affaires étrangères qui sera aussi vice-président de la Commission européenne en charge des questions de politique étrangère européenne. 

 

Nous souhaitons également que cette nouvelle Europe adopte une structure administrative légère et subsidiaire favorisant un marché intérieur dynamique. L’Europe doit donc achever sa levée des frontières intérieures pour la libre circulation des biens, des personnes et des services. Alternative Libérale, tout comme le FDP, insiste sur la nécessité non pas d’une harmonisation mais d’une concurrence fiscale entre les Etats membres de l’Union européenne. L'Europe doit également servir à lutter contre tous les monopoles, mêmes ceux érigés sous prétexte de service public par les Etats membres, notamment la France.

 

Enfin, Alternative Libérale se réjouit du soutien apporté par le FDP au développement d’un véritable parti libéral en France. C'est le début d'un dialogue entre les partis libéraux français et allemands, que chacun veut constructif pour l'Europe, pour les libertés.

L.L.

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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /2007 19:17
Depuis aujourd'hui la Reine d'Angleterre a donné le titre de Lord à Salman Rushdie. Cet écrivain Indien qui avait fait parler de lui pour ses versets sataniques en septembre 1988.

Ce livre avait déclanché une vive réaction dans le monde islamique.  Ce livre avait été banni  dans plusieurs pays dont l'Inde,  l'Afrique du Sud, le Pakistan,  l'Arabie Saoudite,  l'Egypte,  la Somalie, le Bangladesh, le Soudan, la Malaisie,  l'Indonésie et la Quatar.  Sur Radio Téhéran, une fatwa réclamait alors l'exécution de Salman Rushdie pour avoir  blaphémer contre l'Islam.

La liberté d'expression ne doit pas avoir de limite car c'est la seule arme contre toute forme de totalitarisme qu'il soit politique ou religieux. En France, plusieurs essais de censure et de lois liberticides contre le blasphème ont été tentés. Ils ont échoué et le récent procès Charlie Hebdo a été une victoire pour la liberté d'expression.

LiberteCherie-small.jpg

Quelques intégristes ont décidé d'utiliser l'Islam pour leur croisade pour établir leur règne, celui d'une terreur totalitaire. Pour l'immense majorité de musulmans qui désire vivre en harmonie avec d'autres cultures, nous devons leur garantir dans nos démocraties, le respect des droits fondamentaux, d'expression libre et de respect de la personne.

L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /2007 23:19
Aujourd'hui j'étais invité par l'ELDR  à la conférence des chefs d'Etat libéraux  membres de l'ELDR pour statuer sur le mini-traité. Parmi les ministres et leader invités  il y a avait: Guy Verhofstadt (1er ministre belge), Cecilia Malmström (ministre des affaires européennes suédois), Calin Popescu-Tariceanu (1er ministre roumain), Anders Fogh Rasmussen (1er ministre danois), Andrus Ansip (1er ministre estonien),  Graham Watson (président du groupe parlementaire ALDE au parlement ), Annemie Neyts (président ELDR), Matti Vanhanen (1er ministre finlandais), Olli Rehn (commissaire européen à l'élargissement).

Liberal-democrate.jpg

Nous voulons d'un nouveau mini-traité et nous encourageons la présidence allemande qui souhaite vivement relancer le processus Européen. C'est un enjeu important pour permettre à l'Europe de répondre aux demandes de ces citoyens tant sur des aspects de politique intérieure, de politique des frontières que de représentation extérieure.

Ce mini-traité doit être simple et doit inclure les innovations institutionnelles et procéduriales comme la charte sur les droits fondamentaux. En revanche, la partie III du traité qui rassemble les différentes politiques de l'Union ne doit pas être inclus dans ce nouveau traité. C'est principalement cette partie qui avait divisé les français sur l'adoption de la consitution en 2005.

Les leaders libéraux européens sont contre toute renégociation du package institutionnel ainsi proposé et rediscussion des droits de vote, acceptée dans la consitution Européenne.

Pour les libéraux démocrates, il est essentiel que les points suivants soient surlignés dans ce nouveau traité:
-une référence aux droits fondamentaux pour les citoyens de l'UE, comme socle engageant pour les états membres;
-un rôle renforcé de l'UE dans le monde avec une extension de ses prérogatives sur: le droit d'asile, l'immigration et la coopération judiciaire dans les affaires crimminelles ainsi que sur une modernisation de la politique européenne avec l'ajout d'une clause de solidarité entre les états membres sur l'énergie, la lutte contre le terrorisme et une défense collective;
-un contrôle plus important sur les activités de l'UE par les parlements nationaux selon le principe de subsidiarité;
-un engagement d'un ratification par les parlements nationaux du présent traité pour une adoption en 2009.

Pour Alternative Libérale, en phase de rejoindre l'ELDR comme membre permanent, nous devons devenir le relais de communication des résolutions politiques en France des libéraux démocrates.

Ce mini-traité doit donner à l'Europe une existance légale pour pouvoir peser et faire valoir les intérêts des concitoyens dans le monde.

Pour rappel, l'ALDE (groupe des libéraux démocrates Européens) représente le 3ème groupe au parlement Européen avec environ 15% des sièges derrière le PPE (conservateur) et le PSE (socialiste).


L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 20:02

L’élection présidentielle est maintenant derrière nous. Alors que l’Europe avait été grande absente pendant la campagne, elle fut grand vainqueur après et devrait nourrir les débats de la rentrée septembre. Les premiers mots du président élu furent pour annoncer à nos voisins que « la France est de retour en Europe ». Mais de quelle Europe voulons-nous ? D’une bureaucratie protectrice inhibant notre mobilité ou bien d’une Europe légère décentralisée mais unie sur des valeurs essentielles ?

 

La crise européenne que nous avons vécue ces derniers temps n’est-elle pas liée à un éloignement des institutions ou à un manque de cohérence dans les prises de décision, ou encore peut-être au fait qu’aujourd’hui ses valeurs sont en défaut ? Que peut bien vouloir dire être un citoyen Européen en ce début de 21° siècle ? Nous l’avons vu lors des débats houleux entre Etats sur le premier texte constituant proposé en 2005. Pour certains plus conservateurs, il faut faire une référence à nos traditions religieuses chrétiennes, alors que la France affiche une position laïque très stricte. Sur d’autres sujets, certains demandent plus de réglementation centrale dans la constitution pour se prémunir contre toutes dérives et garantir notre protection, surtout dans les affaires sociales, fâchant ainsi les pays qui ont l’habitude d’une certaine subsidiarité. Enfin l’élargissement sans limite de l’Europe a suscité les principales levées de bouclier. Dans cet enchevêtrement de principes, le projet d’unir les Européens semble vain. Pourtant, à date, 17 pays ont ratifié ledit traité.

 

Les pères fondateurs de l’Europe imaginèrent dès le début une Europe à plusieurs vitesses. Un premier cercle élargi correspond à la communauté des Etats ayant choisis de favoriser le développement d’une zone économique de libre-échange. Cette communauté s’est d’abord créée au début de la guerre froide sur une alliance des moyens de production du charbon et de l’acier par un accord de libre-échange avec objectif de construire la paix. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires Étrangères, déclarait lors d’une conférence de presse au quai d’Orsay en parlant de la CECA (Communauté Economique du Charbon et de l’Acier) : « cette organisation constituerait la première étape vers une fédération européenne ». La deuxième étape visait à transformer la communauté en une Europe unie (l’Union Européenne), avec le traité de Maastricht signé en 1992. Ce traité donne naissance à la citoyenneté Européenne et renforce le rôle du Parlement. Il entraîne aussi l’unification monétaire de l’Europe avec l’introduction de l’Euro comme monnaie unique. Puis les traités comme l’élargissement s’enchaînent dans une course folle à la centralisation avec le traité d’Amsterdam puis celui de Nice. Le 29 mai 2005 la machine Europe s’emballe et la France dit non au traité constitutionnel proposé. Nous y sommes, l’Europe doit malgré ces convulsions de départ entrer dans sa 3ème étape : la Fédération des Etats d’Europe. Contrairement aux conservateurs qui y voient une menace pour le système, et aux socialistes qui pensent y étendre une vaste zone d’Etat providence, une position intermédiaire et plus libérale pourrait prendre acte dans une Europe fédérale construite sur des bases légères pour lui permettre d’exercer ses fonctions régaliennes et de gagner la confiance de ses citoyens. Le but de l’Europe ne doit pas être d’organiser une vaste zone d’égalitarisme ou bien de construire des murailles plus hautes contre l’envahisseur étranger, mais bien au contraire de donner aux Européens de meilleurs outils pour affronter les défis de demain.

 

Pour cela nous devons anticiper les défis auxquels l’Europe sera confrontée dans les décennies à venir. Prenons d’abord le sujet du commerce extérieur : la Chine, juste avant la 1ère guerre de l’opium au milieu du 19° siècle, était la 1ère puissance mondiale pour le commerce avec environ 40% des échanges globaux. Les années de guerre et de communisme ont ramené cette part à moins d’1%. La niveau de pauvreté dans le pays s’est d’ailleurs accru de manière inversement proportionnelle à ce déclin. Depuis les années 80, avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiao Ping, une correction de l’Histoire s’opère et la Chine reprend un rôle prépondérant non seulement dans le commerce mondial mais aussi en matière diplomatique et militaire. En 2020, d’après The Economist Intelligence Unit, la Chine devrait dépasser l’économie américaine (à parité du pouvoir d’achat (PPP)). Au même titre, l’Inde devrait devenir la 3ème puissance économique mondiale et d’autres pays comme l’Iran ou la Russie devraient réussir à tirer profit de leurs sources d’énergie et de leur possession de l’arme atomique pour avoir un mot dans les affaires internationales. Ainsi l’Histoire du monde de demain ne semble pas se terminer avec la victoire des batailles idéologiques du 20ème siècle et avec l’universalisation de la démocratie occidentale. Alors que les différences idéologiques s’amenuisent, des réseaux d’Etat animés par un objectif idéologique particulier se forment. Alors que nous avançons dans le temps, deux axes d’analyse devraient émerger : le premier axe classant les régimes suivant leur caractère démocratique ou autocratique et le second distinguant ceux qui envisagent le monde comme reposant sur un équilibre dans la répartition du pouvoir et ceux qui le font reposer sur la loi internationale. Cette grille de lecture met en évidence l’émergence de 4 pôles organisés de la manière suivante autour de valeurs :

 

 

Loi

Equilibre des pouvoirs

Démocratie

Europe

USA

Autocratie

Chine / Russie

Moyen-Orient

 

 

 

« faiseurs de roi »

Inde, Brésil, Afrique du Sud, Algérie, Singapour

 

La nature de la bataille idéologique entre ces 4 sphères est relative. En effet, ces axes ne reflètent pas une opposition catégorique par rapport aux autres, mais souligne juste les valeurs dominantes. Par exemple les USA ne sont pas opposés au droit international, mais ils mettront plus d’emphase sur un équilibre des pouvoirs lorsque nécessaire. De la même manière la Chine et la Russie ne sont pas des actifs promoteurs de la dictature, ils n’ont simplement pas axé leurs priorités sur la démocratie.

 

Dans ce contexte international de consolidation de sphères de valeurs, d’autres grandes puissances graviteront dans les décisions internationales, telles des faiseurs de roi. C’est le cas de l’Inde : bien que n’ayant pas de siège au conseil de sécurité de l’ONU, elle talonnera à horizon 2020 les démocraties occidentales en terme de développement économique. D’autres pays pèseront dans la balance comme l’Afrique du Sud, l’Algérie ou le Brésil. Alors que les différentes sphères pourront cristaliser un équilibre, ce sont ces pays qui devraient peser dans les rapports de force inter sphères et être déterminant dans l’issue d’une bataille qu’elle soit énergétique, militaire ou économique.

 

La grille de lecture devient multidimensionnelle et le jeu des alliances est alors motivé de manière ponctuelle par un intérêt particulier. Cette nouvelle donne dans les affaires entre Etats a une influence colossale induite dans nos vies puisqu’elle élimine tout repère traditionnel. Il ne faut d’ailleurs pas non plus voir ces sphères délimitées par la géographie des frontières naturelles. A l’intérieur même des pays, nous pouvons constater l’existence de ces lignes de rupture, c’est pour cette raison que les Etats ont bien du mal à conserver leur hégémonie. Le Terrorisme est d’ailleurs la résultante d’une guerre entre ces sphères au sein même de l’une d’entre elle.

 

Revenons au contexte européen qui nous intéresse. La 3ème étape de notre construction devient plus claire. Elle consiste à faire émerger sur la scène mondiale une identité Européenne unifiée animée par le respect de la démocratie et du droit international. Unis, nous serons plus forts pour faire peser nos valeurs et attirer à nous des puissances régionales. Notre socle consistant de valeurs réside dans l’héritage des Lumières : les droits de l’Homme, le respect de la propriété et la liberté de commerce. Une fédération de l’Union Européenne serait investie de la responsabilité de représenter les Etats membres à l’extérieur par la diplomatie et d’en assurer la sécurité. C’est la seule manière de défendre nos intérêts humains et économiques face aux autres puissances qui se regroupent aussi : en 2001, la Russie et la Chine avec d’autres pays d’Asie Centrale signaient un accord de partenariat militaire et économique sous le nom de Shanghai Cooperation Organization (SCO, anciennement Shanghai Five). Cette organisation pèse près d’un tiers de la population mondiale et deviendra d’ici à 15 ans la première puissance mondiale. Selon le Troud : « la SCO est une alternative à l’OTAN en tant que bloc militaro-politique ». Selon le Kommersant : « Plus Moscou et Pékin se rapprochent, moins il y a d’espace pour la démocratie en Asie ». Le quotidien Gazeta titre : « Pas de place pour les Américains en Asie. L'organisation de Shanghaï a refusé aux Etats-Unis le statut d'observateur ».

 

La nécessité, pour nous Européens, de nous organiser au niveau politique apparaît de manière plus flagrante au vu des éléments décrits précédemment. Elle doit légitimer l’existence de la sphère Europe. Comment doit-on organiser notre Fédération de l’Union Européenne ? Quels sont ses objectifs et quels moyens doit-on lui donner ?

 

C’est seulement après avoir expliqué les vrais enjeux de la mondialisation, au-delà du simple pouvoir d’acheter des produits moins cher ailleurs, que nous pouvons aborder la question d’une Constitution Européenne. Celle-ci ne doit pas expliquer aux Européens comment « un plombier polonais » pourrait venir en France travailler. Il n’y avait d’ailleurs pas besoin de constitution pour cela, les traités en vigueur suffisaient. La constitution doit fonder cette Europe politique et lui donner une légitimité dans les affaires internationales. Elle doit forger les valeurs qui animeront les Européens. Le cadre institutionnel Européen doit aussi permettre de mieux coordonner les grands projets notamment en matière de recherche et d’enseignement supérieur, clé de voûte d’une économie de la connaissance.

 

Ainsi, ce nouveau mini-traité semble poser les jalons de la nouvelle feuille de route qui doit décrire et donner les moyens aux Européens d’atteindre ces objectifs. Le prochain pas doit permettre le rapprochement de notre système de défense en établissant un impôt européen direct pour le financement d’une armée et d’un commandement européen. Hervé Morin, ministre de la défense du gouvernement Fillion II déclarait que le budget de l’Etat français, ne suffisait plus à financer les projets de défense nécessaire. Parallèlement à cela, nos réseaux nationaux d’ambassades doivent progressivement se rapprocher pour former une ambassade européenne sous l’égide d’un Ministre Européen des affaires étrangères élu par le Parlement. Un traité doit unir les Etats de l’Union qui souhaitent donner naissance à cette Fédération. Il doit aussi préciser les moyens d’action extérieure de l’Europe et sa ligne de conduite vis-à-vis des affaires mondiales. Cette étape franchie, la Fédération doit pouvoir se munir d’une agence spéciale (en renforçant par exemple les prérogatives de l’agence Frontex qui existe pour cela) pour gérer l’immigration et délivrer une « carte verte ». Cette agence doit être accompagnée d’un service de sécurité intérieure pour lutter contre la clandestinité, le terrorisme et le grand banditisme : un corps de gendarmerie européen. Le financement de ces projets permettrait de mieux répartir ces budgets entre les Etats Européens selon leur taille et la difficulté à protéger chaque territoire. Aujourd’hui, il n’est pas normal que l’effort de défense ne repose que sur quelques États dont principalement la France et la Grande-Bretagne. La fédération continuerait d’exercer un contre pouvoir sur les Etats membres pour assurer le respect de la liberté de commerce et de la liberté de circulation des biens et des services. Tout citoyen Européen doit pouvoir choisir le modèle qui lui sied le mieux parmi ceux proposés par les Etats membres.

 

Ce mini-traité proposé par les conservateurs est un petit pas vers cet objectif qui reste malgré tout un élément décisif si nous voulons avancer. Mais ne nous trompons pas de cible, ce mini-traité doit nous permettre de mieux gérer les affaires extérieurs de l’Europe et ne pas se suppléer aux affaires sociales des Etats.


L.L.

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /2007 17:30
La frénésie asiatique a longtemps été réduite à la conquête d'un marché potentiellement juteux de plus d'un milliard de consommateurs et au "sourcing" de produits à bas prix. Les Etats asiatiques ont des réserves financières colossales (résultant des déficits commerciaux importants récurrents en faveur de ces derniers) : la Chine est la première réserve de dollars au monde, Singapour la cinquième. Face à des sociétés occidentales surendettées, la logique des prochaines années semble plutôt s'orienter vers un investissement massif asiatique en Europe ou en Amérique du Nord, afin de conquérir des parts de marché et de dynamiser ces mannes financières. Il faut mettre de côté le Japon et la Corée du Sud qui sont déjà inclus dans les zones de commerces occidentales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale pour faire front au communisme rampant en Asie. En revanche, les sociétés chinoises sont aujourd'hui très dépendantes des intermédiaires occidentaux pour accéder à nos marchés. Il ne serait donc pas surprenant que dans les années à venir les chinois adoptent une stratégie plus offensive en concrétisant des prises de participation dans nos industries ou bien par des implantations directes.

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C'est d'ailleurs la tendance actuelle des grandes sociétés d'Etat Chinoise qui sont le fer de lance de cette nouvelle vague. Ainsi depuis des années le géant chinois des Telecom Huawei a d'abord permis aux opérateurs alternatifs tels que Free de s'équiper à moindre coût avant de prendre des parts de marché chez des acteurs plus importants tel que Orange. Puis le géant TFL rachète la division « téléviseurs » de Thomson. Ensuite, l'annonce récente de la participation dans le groupe financier Barclays d'une banque d'Etat Chinoise (CDB) et du fond d'Etat Singapourien Temasek pose la deuxième pièce d'un jeu de GO planétaire. C'est un évènement historique significatif dans le développement des relations entre l'Asie et l'Europe. La prise de contrôle dans une de nos banques parmi les plus influentes est un mouvement majeur. De plus elle confère à la Chine une visibilité accrue sur tous les mouvements financiers au sein de notre marché, pour l’étape suivante.

A plus petite échelle, notre tissu de PME est un segment intéressant pour les investisseurs chinois. Alors que celles-ci sont bien souvent engluées par notre bureaucratie, ou ont bien en mal de trouver des repreneurs pour remplacer les dirigeants partant en retraite, ou ont un manque de capacité d'investissement pour développer leur masse critique, elles peuvent susciter un intérêt vif pour fortifier un réseau de distribution, acquérir un savoir faire et être en prise directe avec notre marché intérieur. Les dépendances sociales et économiques nouvellement créées donnent alors une capacité de négociation colossale à ceux qui détiennent les emplois de nos citoyens. Cet axe de développement entrainera un maillage de notre marché et une dépendance forte. Ne nous trompons pas, l'ouverture Chinoise au capitalisme et à l'économie libre n'est pas probante. L'Etat chinois reste maître absolu dans tous les secteurs de l'activité économique du pays en imposant des règles de fonctionnement drastique aux investisseurs étrangers tant au niveau de la production local des biens et des services que des prises de participation. Pour conserver son hégémonie, sa stabilité sociale et sa croissance intérieure, celui-ci est donc contraint à l'expansion. Ainsi si nous ne mettons pas en place une réciprocité forte avec l’Etat chinois pour nos investissements, ce maillage ressemblera plus à une vassalisation de l’Europe.

Alors le mauvais réflexe, souvent celui des conservateurs de gauche comme de droite consiste à mettre des barrières et renforcer notre muraille. Ca peut marcher, mais il faut sans cesse monter plus haut. Créant par la même occasion des difficultés pour nos entreprises pour investir dans ces pays. Au contraire, nous devrions songer à nos entreprises les moyens d'être plus compétitives et à accélérer le processus de mondialisation des économies des pays :

1/ Par des décisions politiques d'une part au niveau de l'Union Européenne (ce qui nécessite une Europe politique, voir mon dernier billet à cet effet) et éventuellement en coopération avec l'Amérique pour obtenir de la Chine qu'elle applique les protocoles d'accord mis en place et les règles de libre marché, de transparence et de respect de la propriété pour nos entreprises. Je me souviens de mon entretien avec Dominique de Boisseson, vice-president de la Chambre de commerce et d'industrie Européenne à Shanghai en Août dernier me faisant part de l'importance de cette coopération Américano-Européenne pour peser sur le gouvernement Chinois. Car les accords bilatéraux et commerciaux conclus sont assez souvent déséquilibrés en notre défaveur, privilégiant la nécessité pour les occidentaux de contribuer au développement local de la Chine en promettant des potentiels de gains importants. C'est peut être la contre partie de notre arrogance de considérer la Chine comme un pays encore en voie d'émergence ? Nous la payons très cher.

2/ Puis par une restructuration économique radicale de notre marché intérieur en favorisant un marché du travail dynamique par un code du travail plus souple, le développement de PME solides et en favorisant les efforts dans la recherche et l'enseignement supérieur. En effet l'innovation permet de conserver une avance sur notre savoir faire et notre compétitivité. Nos PME de moins de 500 salariés représentent les 2/3 des salariés du secteur privé et leur effort de R&D (en pourcentage du CA est inférieur de quasiment moitié de l’effort de R&D des entreprises américaines de même taille. Cela pèse sur leur compétitivité à l’export et sur notre balance commerciale. Nous devons inciter à l’investissement en R&D dans nos PME par une restructuration des marchés financiers (voir point suivant) d’une part. D’autre part, les charges écrasantes sont d’autant plus pesantes sur des métiers à forte valeur ajoutée et haute rémunération, rendant difficile la fidélisation d’ingénieurs R&D qui auront tendance à quitter notre pays.

3/ Par la restructuration de nos marchés financiers et notamment la constitution de fonds de pension Européens. Aujourd'hui le système de gestion de nos retraites et de notre assurance santé est un frein majeur à cela. Au lieu de constituer une force de frappe d'investissement de notre société, il constitue un gouffre financier sans nom. Il est nécessaire d'ouvrir le monopole de ce modèle social maintenant devenu vétuste et se doter de structures adaptées à notre monde.

J'espère que ce quinquennat prendra la mesure de ces grands enjeux et que la France engagera dans les années à venir aux côtés de ses voisins Européens ces manœuvres indispensables.


L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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Dimanche 7 octobre 2007 7 07 /10 /2007 22:57
Aujourd'hui dans la salle de l'église St Pierre de Montmartre, dans le 18° arrondissement, se tenait  la  42ème célébration d'indépendance de  Singapour. L'île-Etat en effet acquiert sont indépendance en 1965  de la Malaisie. Se développe alors une ville fleurissante qui ne tarde pas à devenir la perle d'Asie du Sud Est.

Singapore.png

Aujourd'hui Singapour est un  modèle  de  société  sociale-libérale, outre les quelques lacunes qu'on peut lui connaître pour le manque de liberté d'expression.

C'est alors qu'en discutant avec une Singapourienne faisant un programme d'échange en France à HEC, nous vîmmes à parler de sujets de société. Elle me racontait combien elle était surprise du goût intense pour la fête de l'étudiant français. Elle éprouve un manque de se surpasser et d'aller au fond des choses dans son environnement étudiant. C'est vrai qu'à Singapour, l'esprit d'entreprise ambient est surprenant, pas étonnant qu'en moins de 40 ans, ils aient bâti une cité aussi rayannante. Pour la première fois, j'ai éprouvé un sentiment d'infériorité, celui d'une société française décadante tournée vers la contemplation et en quête d'un "drive"
hypothétique. Le réveil risque d'être douloureux, alors que nous avons sombré dans le désir, la facilité, et le risque zéro, nous perdons le sens des réalités du Monde qui nous entoure dans une société rongée par son spleen.

J'ai toujours pensé que pour faire face à cette situation nous avions plusieurs options. Une guerre ne serait pas souhaitable. Certes, elle fera renaître l'esprit de conquête qui sommeille en nous, mais combien de destructions irrémédiables entraînerait-elle ! Alors une révolution ? C'est peut être l'électrochoc qui renversera la ploutocratie actuelle qui use et abuse d'un système politique afin de conserver ses loisirs.

Une troisième option peut-elle émerger ?

Si j'ai entrepris  ce combat politique depuis maintenant  4 ans, d'abord avec Liberté-Chérie, puis ensuite à travers Alternative Libérale, c'est parce que je suis convaincu que les clés de notre avenir se trouvent en dehors de nos frontières. Nous devons nous ouvrir sur d'autres cultures. Accepter que chaque communauté puisse vivre en France selon ses propres coutûmes. Certes nous sommes attachés voilà plus de 200 ans à une unité républicaine, mais est-ce que ce  modèle républicain justement n'est-il pas révolu en ce 21ème siècle ?

Il fut indispensable à construction de notre Etat nation menacé par son régionalisme accentuée. Mais depuis nous avons développé d'autres valeurs.  Je me suis souvent demandé ce que cela voulait dire pour moi d'être français. J'avoue que je pourrais aussi bien me revendiquer  allemand, espagnol,  anglais,  australien, américain ou singapourien. Ma nation d'appartenance à bien peu d'importance face aux valeurs que je peux revendiquer:  celles d'une démocratie libérale. Je crois qu'elle est là ma nouvelle nation.  D'avoir voyagé, marié à une Singapourienne, je n'ai plus le sentiment d'appartenir à la France, mais à ce nouveau peuple libéré sans frontières.

Derrière cet Etat nation se cache un historique subliminal très fort aux valeurs corporatrices, jacobinistes et moralisatrices. Ce n'est plus cette identité nationale, à grand coup de lois anti-voile like, qui fera la réussite de notre Etat, si peu qu'elle l'eût  faite un jour  dans notre histoire. Au contraire, c'est l'espace de liberté créatrice qu'il laisse à chacun de ses  individus (citoyens ou non) pour se développer qui fera son attractivité. L'Etat ne devient alors qu'un instrument de contrôle et non une fin en soi. Car ce qui a changé en ce début de siècle certainement grâce aux développements des moyens de communication c'est cette conscience humaine (de l'humanité) où finalement certaines causes peuvent dépasser toute organisation humaine (la lutte contre les dictatures, contre le réchauffement, contre les grandes maladies, ...). Un Etat peut-il continuer à détruire notre environnement sous pretexte de souveraineté ? Un médicament peut-il être refuser sous prétexte de monopole publique ? Un individu peut-il se voir refuser le droit de travailler sur un sol qui lui sied ?

L.L.
 
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /2007 15:58
Je trouve très intéressante une analyse de Pierre Cahuc, économiste à l'Université de Paris I  sur le rapport à la confiance des Français.

Selon l'économiste, notre modèle social a contribué à créer une situation d'injustice profonde dans notre société et une société de la défiance. Les régimes spéciaux, héritage d'une situation d'après guerre, constitue aujourd'hui une source d'iniquiété selon une majorité de Français.

Un intéressant sondage montre que seulement 21% des français déclarent faire confiance aux autres contre 60% chez les scandinaves.

Confiance.JPG  Le corporatisme serait en majeur parti responsable de cette situation et de l'échec du projet de sécurité sociale, chaque profession tirant la couverture et les avantages particuliers à soi, refusant de se fondre dans un régime général. Ces régimes spéciaux ont vu alors se développer à leur tête les multiples instances paritaires dont la survie est liée aux-dits régimes.

Manque de transparence, jalousie, fantasme, voilà le résultat de plus de décennie de surréglementation conséquente des lobbyings de ces corporations. La multiplication de situation dérogatoire a conduit à la constitution d'un "social-étatisme", aux effets dévastateurs sur la confiance des français envers leurs concitoyens, d'après l'économiste.

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Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
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