Jeudi 12 février 2009
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France3 diffusait un reportage alarmant sur des lacunes dans la gestion de résidus radioactifs issus d’activités minières sur 210 sites en France (dont le dernier site La Société des Mines de
Jouac est fermé en mai 2001 faute de réserve). Rappelons que l’activité minière d’uranium en France fut un service public pendant toute son exploitation de 1945 à 2001 par le biais de COGEMA. Ce
reportage ranime ainsi la polémique sur l’utilisation du nucléaire. Conscient des risques de cette technologie, dont l’accident de Tchernobyl encore tout frais en témoigne, en tant que citoyen je
m’interroge néanmoins sur les différentes options qui s’offrent à nous. En étudiant la situation actuelle, il apparait tout de même que le nucléaire est aujourd’hui la manière la plus propre de
produire les quantités d’énergie électrique nécessaire à la planète.
En complément de ce reportage, on peut lire de nombreux écrits sur ce sujet spécifique dont un
rapport effarant de la CRIIRAD, une commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité née depuis l’accident de Tchernobyl en Union
Soviétique. La CRIIRAD est une organisation affichant une certaine neutralité dans ses recherches, néanmoins proche de Greenpeace, l’organisation écologiste connue pour ses actions catégoriques
dans la lutte contre le nucléaire. Ce rapport accable COGEMA et donc indirectement l’Etat Français sur sa gestion des sites minières français et notamment celle du stockage de substances
radioactives extraites en même temps que l’Uranium. Néanmoins, la cour de Limoges en charge de l’affaire relaxe COGEMA en 2005.
Même si cette affaire semble effrayante tout comme les récents incidents en 2008 chez EDF qui avait ranimé le
débat au sein de ses mêmes associations,
cela doit-il condamner pour autant l’avenir du nucléaire civil ?
L’humanité est confrontée à un dilemme. N’oublions pas que nous sommes passés de 1.5 milliards d’individu au début du XX° siècle à près de 7 milliards cent ans plus tard ! Cette formidable
expansion a été essentiellement due au progrès énergétique et l’allongement de l’espérance de vie. A ce sujet, un colloque de l’académie médicale il y a 3 ans démontrait la corrélation entre
l’accroissement de l’espérance de vie et l’approvisionnement énergétique (pour le chauffage, et bien d’autres nécessités). Et, pour supporter ses besoins croissant, l’Homme a fait appel, au cours
du temps, à bien des moyens, énergies douces, énergie du feu et maintenant le nucléaire devient la pierre angulaire. Que faire ? Renoncer ? Faire machine arrière ? Réduire alors la
population mondiale par 3 ?
Certainement pas ! Nous devons donc relever ce défi : celui de sortir de cette l’économie du feu (combustion du carbone) pour continuer notre progression dans celle de
l’atome. Si aujourd’hui le nucléaire est devenu le bouc émissaire de tous ces mouvements qui se retrouvent aussi dans l’altermondialisme, c’est peut être parce que demain il pourrait bien
enterrer définitivement le problème de la pollution.
Aujourd’hui, nous utilisons des procédés encore très rudimentaires basés sur le principe de fission nucléaire. On casse un atome d’un métal appelé uranium (du fer mais en plus lourd) en le
bombardant, ce qui libère énormément d’énergie. Jusque là rien de bien méchant, il faut juste bien contrôler la réaction et les
incidents sont encore trop nombreux. Il est donc important que l’Etat et les acteurs du nucléaire
s’imposent des niveaux de précaution draconiens et que nous encouragions plus de transparence publique.
Mais le gros problème de la fission, tant critiquée par Greenpeace est ses déchets. En effet, ils sont radioactifs et donc créent une pollution radioactive (au passage le granite de Bretagne est
lui aussi radioactif mais à des niveaux non mortels). Sur cette pollution radioactive, il existe un traitement qui recycle quasiment à 99% les déchets. Voir cette
note à ce sujet. La pollution radioactive est effectivement critiquable et il faut trouver des
solutions. Mais n’est-elle pas nettement plus souhaitable que toute la pollution au CO2 que générait l’équivalent d’une combustion au charbon, rendant à terme la planète irrespirable pour l’être
humain ?
Aujourd’hui nous stockons de manière sécurisée ces déchets (à La Hague par exemple) en attendant de faire mieux. La solution est loin d’être satisfaisante. Nous devons progresser sur le sujet
avec le concours de tous car, c’est notre unique alternative à une réduction de la population mondiale. Car, l’idée qui consiste à assouvir les besoins mondiaux via les énergies douces et
renouvelables est une utopie. Il suffit de comparer les chiffres de production de ces énergies avec les besoins pour s’en rendre compte. De la même manière, nous faire croire à une décroissance
énergétique par une baisse de la consommation est non seulement une fuite en avant sans réellement solutionner le problème mais surtout une belle manière d’engloutir l’argent public.
Il existe quelques pistes pour améliorer la situation. D’abord, les travaux sur la diminution anticipée de la période de radioactivité. C’était d’ailleurs un des objectifs de recherche du
réacteur Superphénix mis au rébus avec l’arrivée des Verts. Dommage que leur foi a eu raison sur l’intérêt d’un tel programme pour la lutte contre la pollution radioactive.
Ensuite, le passage au principe de fusion, bien moins rudimentaire que la fission. Principe beaucoup plus propre, il produit bien plus d’énergie que la fission nucléaire. La bonne nouvelle, nous
disposons dans les océans (notamment dans les fosses sous marines au large des Philippines) suffisamment de combustible pour alimenter notre planète en énergie pendant quelques centaines de
millénaires. Là encore la science doit faire des progrès afin de très vite maitriser ce principe à des fins civiles.
Alors aujourd’hui posons-nous les vraies questions ? Doit-on vraiment sortir du nucléaire ? De la fission, très certainement, en attendant c’est le meilleur compromis que nous ayons
trouvé. Ce n’est pas un retour au moulin à vent, comme le préconise certains adeptes de l’obscurantisme, sur lequel nous devons miser notre avenir mais sur un progrès vers la
fusion. Cela devrait être une priorité de la recherche à un niveau Européen pour la sauvegarde de notre planète et la lutte contre la pollution.
L.L
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