Chers Lecteurs,
Je refais surface après une longue absence. L’expérience en Namibie a été remarquable, une contrée de rêve, pas étonnant qu’Angelina Jolie et Brad Pitt décidèrent d’y séjourner pour leurs noces. C’est aussi en Namibie que le film « La Piste » d’Eric Valli fut tourné. Beaucoup de choses m’ont frappé pendant mon voyage. J’ai pu rencontrer de nombreux Européens venus d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne, d’Angleterre ou encore de Hollande. Mise à part notre langue, j’ai pu constater à quel point nous étions proches, dans nos habitudes, dans nos valeurs, ou encore dans nos discussions politiques. J’ai alors été saisi d’un sentiment profond d’appartenance à une jeune nation : l’Union Européenne. Ayant parcouru beaucoup de grand pays, j’ai apprécié par exemple les différences creusées entre des Chinois de l’Ouest ou de Shanghai dont seule une dictature ferme peut maintenir l’unité. Alors j’en viens à penser que le seul frein à cette Europe Politique est la caste politique, et ses dérivées de chaque Etat membre, qui s’accroche encore fermement à des fragments de pouvoir. Car les Européens eux ont enterré leurs différents depuis bien longtemps.
De retour de Namibie, non sans difficultés, j’ai pu apprécier le système de santé Français. En effet, un accident de voiture a abrégé mes vacances et me voilà soudainement à côtoyer les urgences d’un Hôpital parisien.
Pendant ma longue journée passée aux Urgences, dont je ne souhaite pas dépeindre l’austérité, j’entame une discussion avec un homme souffrant d’une violente douleur à l’œil. Cet homme attend depuis des mois un rendez-vous chez un ophtalmologiste et souffre le martyr. Les urgences, surmenées, refusent de le prendre en charge estimant qu’il est déjà suivi et doit attendre son rendez-vous avec l’ophtalmologiste. L’homme repart, effondré et se courbant de douleur.
Si je n’avais pas subi le même sort, j’aurai pu croire à du cinéma. En effet, des suites de mon accident, je souffrais de violentes douleurs à l’abdomen. Des examens approfondis révèlent qu’un de mes reins est anormalement gonflé. Là où il ne devrait mesurer que quelques millimètres, c’est plusieurs centimètres qu’il atteint provocant des douleurs oppressantes. C’est alors que les urgences me libèrent avec cette nouvelle alarmante pour me demander de consulter un urologue. Depuis un mois, j’attends mon rendez-vous, vivant avec la peur que mon problème ne s’aggrave. Car en effet, pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste, en France, il ne faut pas être pressé. Je ne crois pas être le seul dans ce cas. C’est un scandale, lorsqu’on sait que c’est le système lui-même dès la faculté de médecine qui organise cette pénurie via le fameux numerus clausus, définissant arbitrairement dans un obscur bureau le nombre de médecin nécessaire chaque année.
L’hôpital ne vous paie pas ! La facture ci-jointe en atteste. La sécurité sociale prend en charge en moyenne entre 60% et 70% des frais, le reste étant à ma charge. Je rends grâce à ma mutuelle privée, car contrairement aux mensonges honteux de Michael Moore, animé par sa propagande socialo marxiste, la santé n’est pas gratuite. D’ailleurs la crédibilité du cinéaste en a été largement entamée en France après la sortie de son film Sicko.
Lorsqu’il affirme qu’aux USA la santé coûte en moyenne 7000 dollars par an pour un américain. Qu’en est-il vraiment chez nous ? Faisons le calcul, prenons un salaire de 2300 euros brut par mois par exemple (à peine 10 000 francs net). Vous pourrez calculer le coût direct de la sécurité sociale en additionnant les cotisations correspondant à maladie, vieillesse, accident du travail, prévoyance, CRDS, CSG environ 550 euros pour les charges patronales et 360 euros pour les charges salariales, soit environ 10 900 Euros par an. A ce montant, pour être couvert complètement vous pouvez ajouter une mutuelle privée qui vous coûte environ 100 euros par mois (participation employeur et salarié), soit 1200 Euros par an. En convertissant, la santé coûte donc en France : 16700 dollars par an soit plus du double de ce qu’il en coûte en moyenne par an aux Etats-Unis pour un américain, sans pour autant être soigné plus vite ! Vous pourrez faire le même calcul pour l’assurance retraite et l’assurance chômage.
Oui mais nous avons la CMU ? Pour ceux qui n’ont aucune ressource. Mais ceux qui n’ont accès ni à la CMU ni à une mutuelle payée par leurs employeurs. Faute de ressource, ils n’ont pas accès au soin. Combien représentent t’ils 10%, 20% de la population ? Ces gens sont exclus non pas parce qu’ils l’ont voulu, mais parce que le système les a simplement omis. Malheureusement dans un bureau obscur, un grand administrateur les avait oublié dans son calcul, sans aucun recours possible. Un peu d’organisation libre, n’est-elle pas nécessaire pour corriger les défauts de l’homme ? N’est-il pas arrogant de penser que tout peut être planifié parfaitement pour le bonheur de tous ?
Les Hollandais ont réussi à sortir de leur impasse. Le gouvernement libéral mené par le VVD a entrepris une vaste réforme du système de santé. En maintenant l’obligation de s’assurer, l’Etat défini un panier de soins universels auquel tout citoyen doit avoir accès. Il définit un cahier des charges drastique pour les assurances qui souhaitent offrir leurs services aux citoyens hollandais imposant notamment l’obligation de ne pas refuser de clients. Ensuite, chacun est libre de choisir son assurance. Le résultat est remarquable, baisse des coûts des cotisations permettant un regain de pouvoir d’achat et amélioration de la qualité de l’offre, notamment on voit apparaître des soins nouveaux, comme les médecines douces et un accroissement de la prévention. La solidarité, quant à elle, est financée par une contribution collective, permettant de ne pas oublier tous ceux qui auraient peu de moyens.
Pendant ce temps notre gouvernement continue de vouloir sauver la sécurité sociale et notre modèle de santé. Dans sa fuite en avant, il nous condamne, sans le savoir, au système que décrit Mr Moore, dans sa fiction.
L.L.
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