Depuis ces derniers mois alors que la crise s’est amplifiée et se propage du monde financier à l’industrie, les entreprises ne pouvant plus compter sur l’aide des banques pour
financer leur besoin en fond de roulement et leurs investissements. Cette situation ouvre la porte à toutes les violences, manifestations, séquestration d’employeurs désarmées face à cette
pandémie. Pendant ce temps le gouvernement cherche éperdument à sauver les quelques « fleurons nationaux », en abondant sans contre partie banques et entreprises de l’automobile. Cette
année quelques 100 milliards d’euros, soit 1500 euros par français viendront s’ajouter au reste de la dette nationale. Finalement, toute une mise en scène sur fond de dérapage incontrôlée du
capitalisme, pour mieux resserrer l’étau de l’hyper-Etat.
Sarkozy ne souhaite pas revenir sur le bouclier fiscal, qui devrait d’ailleurs inclure toutes les formes de prélèvements obligatoires pour être juste, et pas seulement être un palliatif à son
manque de courage politique pour supprimer l’ISF. Qui va donc payer l’ardoise ? Certainement pas ceux qui possèdent… puisque le bouclier fiscal les protège. Certainement pas les 20% de gens
environ qui vivent avec des revenus en dessous des seuils imposables. Ce sont bien sûr vous et moi, classe moyenne, le serf des temps modernes, qui travaillons dur chaque jour, qui allons
supporter le poids de cette crise, à coup d’augmentation de prélèvements obligatoires deçà et là. Et dans cette cible le haut du panier de la classe moyenne, ceux que Hollande considère comme les
riches à tondre ou bien ceux qui étaient dans la cible de la surtaxe que le Nouveau Centre a essayée de faire passer en catimini. Ceux considérés par Obama aussi comme une classe moyenne (tant
que leur revenu annuel est inférieur à 450 000 dollars par an) à justement protéger éperdument de toute augmentation d’impôts. Car par leur travail, ils créent la richesse du pays !
Alors cette crise quelle est-elle ? Celle du libéralisme ? Si par libéralisme j’entends loi de la jungle, très certainement, car c’est vrai que le monde y est soumis. Nous sommes certes tous
égaux devant la Loi, mais elle est en revanche très inégalement appliquée. Le monde de la finance est hyper-régulé par ces Etats, personne ne le contestera. Pourtant un Madoff ne sera contrôlé
que 4 fois en 10 ans par les autorités de régulation. De même, la Société Générale n’hésite pas il y a quelques mois à remettre ses comptes certifiés en omettant de passer en provision de pertes
quelques 9 milliards d’euros qu’AIG doit lui payer et qui seront finalement payés. N’importe quelle PME aurait été lourdement sanctionnée. Alors si par libéralisme j’entends Etat de droit,
liberté et responsabilité, la question peut se poser. Dans quel monde vivons-nous ?
Un monde gouverné par une corporation qui s’arroge certains privilèges au détriment de la collectivité. Un fleuron national n’est pas rien d’autre qu’une entreprise généralement au CAC40 qui, de
connivence avec l'Etat, bénéficie d'ultra protection sur son marché au double détriment du consommateur qui surpaie les produits et du contribuable qui finance la protection.
Face à cette « Bérézina publique », une chasse aux sorcières s’engage pour prendre l’argent. Ce sont les « paradis fiscaux » qui font la première cible du gouvernement Sarkozy.
Eric Woerth n’hésite pas à multiplier les attaques frénétiques contre la Suisse. On entend alors des déclarations dans le journal Le Temps que : « les français appartiennent à
l’Etat Français ainsi que tous leurs revenus ». Nous assistons là à une véritable transformation de la démocratie où l’Etat sert le peuple, à l’avènement de l’hyper-étatisme où le
peuple devient la propriété absolue de l’Etat qui lui fait payer cher le monopole de sa protection. C’est ainsi que la machine Etat que nous avons créé pour nous protéger de nos peurs se retourne
contre nous pour nous asservir.
Et, l’hyper-état français n’hésite pas à pointer du doigt ces méchants « paradis fiscaux » qui lui volent tant d’hypothétiques recettes et qui n’existent que parce que «
l’enfer fiscal » existe. Mais, est ce que l’Etat français aura lui aussi le courage de lever le secret défense sur les milliards de corruption liés à l’affaire des frégates de Taiwan ?
Ou bien va-t-il faire la chasse aux optimisations fiscales de certains de ces fleurons nationaux comme Alcatel-Lucent qui crée sa holding néerlandaise exonérée d’IS tout comme Renault-Nissan sous
la même impulsion de l’Etat actionnaire majoritaire ou encore EDF qui optimise son IS à travers une holding d’assurance luxembourgeoise, … Certes le droit anglo-saxon appelle cela de la
planification fiscale, mais l’hyper-Etat français ne devrait il pas d’abord montrer l’exemple ?
Alors comment peut-on ainsi placer sa confiance dans cet Etat aux pouvoirs sans limite ? N’est-il pas lui aussi un acteur responsable de cette crise qui lui profite ? Crise d’une société
asphyxiée par la pression et le manque d’opportunités.
Ludovic LASSAUCE
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Cette crise financière plonge les Etats, et
leurs contribuables dans un endettement financier de plus en plus lourd, avec des répercussions à venir inévitables sur l’augmentation des charges et la baisse du pouvoir d’achat. Finalement les
grands perdant de cette crise, ne seront ni les Etats qui auront vu leur pouvoir s’accroitre, ni les corporations (ces grandes entreprises qui font notre fierté nationale) dont les trous auront
été gracieusement comblé par l’intervention divine de l’argent public, mais les contribuables, les éternels « banquiers des banquiers ».


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