J'étais invité cet après-midi chez mon ami singapourien Imran Hashim, jeune journaliste diplômé de Sciences Po et étudiant l'Arabe classique à l'université de Paris III. C'était aujourd'hui une occasion de fêter Hari Raya entre nous.
Hari Raya est un festival malais correspondant à la célébration musulmane Eid ul-Fitr marquant la fin du ramadan. Ce festival coïncide en Malaisie soit au moment de la célébration du festival Indien Deepavali (fête des lumières) ou de la célébration chinoise du nouvel an qui sont tous célébrés dans le pays. A Singapour, j'ai toujours trouvé remarquable leur approche religieuse offrant un espace à chaque religion dans la société. En effet, même des jours fériés sont réservés pour les célébrations Chrétiennes, Musulmanes, Hindouistes, Bouddhistes, ... en liberté des traditions les plus représentées. Pourrait-on imaginer un jour en France un calendrier des jours fériés intégrant aussi les fêtes Juives, Musulmanes, Bouddhistes, ... ? Les religions sont ainsi fondues dans la vie courante où finalement les différentes communautés interagissent en respect les unes des autres. Je me souviens d'ailleurs lorsque j'étais à Singapour faire des réunions professionnelles avec des interlocuteurs portant les vêtements traditionnels appartenant à leur propre culture respective sans que ça m'interpelle plus que d'habitude. Quel bonheur de pouvoir se dresser sans devoir être frustrer par une encyclopédie d’interdictions ? Au final, le vestimentaire est une forme d’expression, doit-on restreindre les libertés d'expression ?
En France, la laïcité est une valeur forte de la république car l'Etat ne doit pas être influencé d'un pouvoir religieux quelconque. Et je suis favorable à un Etat laïc, ne me méprenez pas. Dans la mesure où ce principe est respecté au niveau de l'appareil politique et administratif, doit-on faire la chasse au citoyen, surtout lorsque celui-ci n'est pas apparenté à un pouvoir public quelconque? Le regard sur les pratiques dans d'autres pays du monde m'interroge. Depuis la polémique sur le port du voile en France ou le rapport ministériel sur les sectes, on assiste à une vraie chasse aux sorcières. Alors que cela passait inaperçu, j'ai moi même reçu des remarques sur mon lieu de travail pour une petite croix autour du coup sous mes vêtements, que j'ai fini par retirer, agacé. Ces comportements soulignent la dérive abusive d'un principe qui est lui fondamental. Nous légiférons sans cesse sur tout, l'Etat français nounou doit régir chacun des actes des citoyens sous couvert de principes qui eux sont nobles.
Il est d'ailleurs voté en 1966 par les Nations Unies un pacte international relatif aux droits civils et politiques qui stipulent, en son article 18 par quatre paragraphes, la manifestation d'une religion ou d'une croyance: "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement.[...]"
La religion ne doit pas être mêlé à l'Etat, c'est un principe immuable. L'Etat n'a pas besoin de conduire cette chasse dans la société et demander aux gens de ne pas sortir sans leur culture. La culture fait partie intégrante de l'être humain, personne ne peut l'enfermer. Demain, nous n'aurons plus le droit de montrer un tatouage, une bague ou un bracelet sous prétexte qu'il pourrait faire référence à une religion particulière ? Nous nous targuons d’être un pays rayonnant au niveau culturel, mais est-ce un comportement digne ? Voilà encore une approche bien conservatrice et protectionniste !
J'admire l'exemple de tolérance de Singapour sur le sujet (qui par ailleurs est loin d’être un modèle de liberté d’expression) qui ne mélange pas la religion dans l'Etat tout en faisant preuve d’un grand respect. J'admire mes amis Singapouriens qui vivent entre Hindous, Chrétiens, Musulmans et Juifs en toute simplicité. C'est là le signe d'une mondialisation qui marche. Et c'est là les vrais effets positifs des échanges mondiaux que nous vivons actuellement. C’est aussi grâce à cela que les cultures peuvent continuer de se développer en paix sans être menacées d’extinction ou de censure. Avoir peur des différences et de l’échange ne fera qu’accélérer notre déclin alors voyons de l’avant à l’instar de cette jeune nation du sud est Asiatique.
"Salamat Hari Raya" et bonne semaine !
L.L.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Le fléau du logement à Paris !
Le programme d'Alternative Libérale est désormais
J'apprends ce matin que nos parlementaires examinent un projet de loi socialiste qui rend passible de prison la négation du génocide Arménien. Certes c'est un évènement terrible de l'histoire de l'humanité qui nécessite reconnaissance et réparation. Mon point n'est pas tant sur le sujet du génocide Arménien mais plus sur le principe de la loi proposée à l'Assemblée Nationale.
Les retards d'un an de livraison de l'Airbus A380 entraînent des conséquences financières de 6.2 Milliards, pour un carnet de commande actuel de 154 exemplaires à un prix catalogue 213.6 Millions d'euros, autant dire presque 20% du chiffre d'affaire réalisé sur le carnet de commandes, une opération certainement très juteuse pour EADS.



Commentaires