Avec l’annonce d’une VI république, Ségolène Royal est bien décidée de reprendre du terrain sur le candidat UDF en proposant une modification institutionnelle. Très surpris par ce changement brutal, j’ai été très enthousiaste à l’idée que les socialistes avaient fait un bon en avant vers la modernité…
En effet, cette annonce a retenti comme un raz de marée, alors que le PS s’était prononcé contre une 6ème république. En épluchant le programme de Ségolène Royal, on y trouve quelques timides tentatives comme le non cumul des mandats pour les parlementaires (qu’en est-il des sénateurs ou des autres élus ?), l’introduction d’une dose de proportionnelle, la suppression du vote 49-3 pour des lois ordinaires (je me demande ce qu’est une loi ordinaire), le droit de vote aux élections locales pour les étrangers, …
Malheureusement j’ai très vite déchanté. Les socialistes nous servent le même refrain de mauvais goût que pour les 35 heures : la loi amenait une dose nécessaire de flexibilité dans le travail puisque cela consistait à annualiser le temps de travail. Mais pour un pas en avant, on recule de 10 ! Bouffé par une idéologie, le pragmatisme d’une bonne gestion laisse place à la démagogie d’un gâteau à se partager en parts bien menues. Et comme pour les 35h où Martine Aubry avait sabordé le navire en plafonnant le nombre d’heures supplémentaires, la VIème république de Ségolène tourne au vinaigre avant même d’exister. En creusant dans le programme des socialistes on trouve surtout une haute dose de démagogie et très peu d’institutionnel.
Qu’en est-il de la maîtrise de l’ordre du jour par le parlement nécessaire à l’élaboration d’une vraie démocratie participative qui doit avoir lieu à l’assemblée nationale par des élus qui représentent leurs citoyens. Le mécanisme de class-action version politique que nous propose Ségolène Royale est très dangereux pour la stabilité de la république, 1 million de citoyens pourront faire pression sur le parlement pour faire voter des lois, nous voilà partis dans une dictature des minorités organisées (syndicats, groupements religieux, …), en d’autres mots cela revient à prôner l’anarchie.
En continuant d’analyser cette 6ème république, on trouve des mesures économiques qui n’ont rien à faire dans une constitution comme la taxation des recettes publicitaires des chaînes privées pour favoriser les chaînes publiques. Voilà un bel exemple de gestion de la concurrence, voir de déni de droit de propriété. Je préférerais que les chaînes de télévision puissent être jugées et financées par la qualité de leur programme et de l’audience qu’elles génèrent, que l’Etat achève la privatisation des médias pour une véritable indépendance des médias vis-à-vis de l’Etat. On trouve enfin des mesures sur l’éducation. Ce n’est pas du ressort d’une constitution de définir un programme scolaire, mais celui des professionnelles de l’éducation (enseignants, directeurs d’établissement, …). Mettre dans la constitution française, un enseignement sur l’histoire de l’esclavage, ça ressemble à une mesure digne de l’époque d’Hitler ou de Staline où ces dictateurs détournaient la formation pour laver le cerveau des petits allemands ou russes.
Voilà ce qui se cache derrière la 6ème république de Ségolène Royal !
Ce n’est pas la république que nous défendons au sein d’Alternative Libérale où nous mettons en avant une république de vraie séparation des pouvoirs, transparence des transactions et du patrimoine des élus, représentativité des français et notamment de partis plus minoritaires et évaluation des résultats des élus.
Si François Bayrou n'est pas au 2ème tour, Ségolène Royal aurait été une option envisageable dans le cas où nous voulons tenir une réforme des institutions en 2007. Au vu de ses propositions, c'est un danger à éviter absolument pour la sauvegarde de notre république.
L.L.
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