Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /2007 15:53

Chers Lecteurs,

 

 

Je refais surface après une longue absence. L’expérience en Namibie a été remarquable, une contrée de rêve, pas étonnant qu’Angelina Jolie et Brad Pitt décidèrent d’y séjourner pour leurs noces. C’est aussi en Namibie que le film « La Piste » d’Eric Valli fut tourné. Beaucoup de choses m’ont frappé pendant mon voyage. J’ai pu rencontrer de nombreux Européens venus d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne, d’Angleterre ou encore de Hollande. Mise à part notre langue, j’ai pu constater à quel point nous étions proches, dans nos habitudes, dans nos valeurs, ou encore dans nos discussions politiques. J’ai alors été saisi d’un sentiment profond d’appartenance à une jeune nation : l’Union Européenne. Ayant parcouru beaucoup de grand pays, j’ai apprécié par exemple les différences creusées entre des Chinois de l’Ouest ou de Shanghai dont seule une dictature ferme peut maintenir l’unité. Alors j’en viens à penser que le seul frein à cette Europe Politique est la caste politique, et ses dérivées de chaque Etat membre, qui s’accroche encore fermement à des fragments de pouvoir. Car les Européens eux ont enterré leurs différents depuis bien longtemps.

 

 

De retour de Namibie, non sans difficultés, j’ai pu apprécier le système de santé Français. En effet, un accident de voiture a abrégé mes vacances et me voilà soudainement à côtoyer les urgences d’un Hôpital parisien.

 

 

Pendant ma longue journée passée aux Urgences, dont je ne souhaite pas dépeindre l’austérité, j’entame une discussion avec un homme souffrant d’une violente douleur à l’œil. Cet homme attend depuis des mois un rendez-vous chez un ophtalmologiste et souffre le martyr. Les urgences, surmenées, refusent de le prendre en charge estimant qu’il est déjà suivi et doit attendre son rendez-vous avec l’ophtalmologiste. L’homme repart, effondré et se courbant de douleur.

 

 

Si je n’avais pas subi le même sort, j’aurai pu croire à du cinéma. En effet, des suites de mon accident, je souffrais de violentes douleurs à l’abdomen. Des examens approfondis révèlent qu’un de mes reins est anormalement gonflé. Là où il ne devrait mesurer que quelques millimètres, c’est plusieurs centimètres qu’il atteint provocant des douleurs oppressantes. C’est alors que les urgences me libèrent avec cette nouvelle alarmante pour me demander de consulter un urologue. Depuis un mois, j’attends mon rendez-vous, vivant avec la peur que mon problème ne s’aggrave. Car en effet, pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste, en France, il ne faut pas être pressé. Je ne crois pas être le seul dans ce cas. C’est un scandale, lorsqu’on sait que c’est le système lui-même dès la faculté de médecine qui organise cette pénurie via le fameux numerus clausus, définissant arbitrairement dans un obscur bureau le nombre de médecin nécessaire chaque année.

 

 

L’hôpital ne vous paie pas ! La facture ci-jointe en atteste. La sécurité sociale prend en charge en moyenne entre 60% et 70% des frais, le reste étant à ma charge. Je rends grâce à ma mutuelle privée, car contrairement aux mensonges honteux de Michael Moore, animé par sa propagande socialo marxiste, la santé n’est pas gratuite. D’ailleurs la crédibilité du cinéaste en a été largement entamée en France après la sortie de son film Sicko.

 

  Facture.jpg

 

Lorsqu’il affirme qu’aux USA la santé coûte en moyenne 7000 dollars par an pour un américain. Qu’en est-il vraiment chez nous ? Faisons le calcul, prenons un salaire de 2300 euros brut par mois par exemple (à peine 10 000 francs net). Vous pourrez calculer le coût direct de la sécurité sociale en additionnant les cotisations correspondant à maladie, vieillesse, accident du travail, prévoyance, CRDS, CSG environ 550 euros pour les charges patronales et 360 euros pour les charges salariales, soit environ 10 900 Euros par an. A ce montant, pour être couvert complètement vous pouvez ajouter une mutuelle privée qui vous coûte environ 100 euros par mois (participation employeur et salarié), soit 1200 Euros par an. En convertissant, la santé coûte donc en France : 16700 dollars par an soit plus du double de ce qu’il en coûte en moyenne par an aux Etats-Unis pour un américain, sans pour autant être soigné plus vite ! Vous pourrez faire le même calcul pour l’assurance retraite et l’assurance chômage.

 

 

Oui mais nous avons la CMU ? Pour ceux qui n’ont aucune ressource. Mais ceux qui n’ont accès ni à la CMU ni à une mutuelle payée par leurs employeurs. Faute de ressource, ils n’ont pas accès au soin. Combien représentent t’ils 10%, 20% de la population ? Ces gens sont exclus non pas parce qu’ils l’ont voulu, mais parce que le système les a simplement omis. Malheureusement dans un bureau obscur, un grand administrateur les avait oublié dans son calcul, sans aucun recours possible. Un peu d’organisation libre, n’est-elle pas nécessaire pour corriger les défauts de l’homme ? N’est-il pas arrogant de penser que tout peut être planifié parfaitement pour le bonheur de tous ?

 

 

Les Hollandais ont réussi à sortir de leur impasse. Le gouvernement libéral mené par le VVD a entrepris une vaste réforme du système de santé. En maintenant l’obligation de s’assurer, l’Etat défini un panier de soins universels auquel tout citoyen doit avoir accès. Il définit un cahier des charges drastique pour les assurances qui souhaitent offrir leurs services aux citoyens hollandais imposant notamment l’obligation de ne pas refuser de clients. Ensuite, chacun est libre de choisir son assurance. Le résultat est remarquable, baisse des coûts des cotisations permettant un regain de pouvoir d’achat et amélioration de la qualité de l’offre, notamment on voit apparaître des soins nouveaux, comme les médecines douces et un accroissement de la prévention. La solidarité, quant à elle, est financée par une contribution collective, permettant de ne pas oublier tous ceux qui auraient peu de moyens.

 

 

Pendant ce temps notre gouvernement continue de vouloir sauver la sécurité sociale et notre modèle de santé. Dans sa fuite en avant, il nous condamne, sans le savoir, au système que décrit Mr Moore, dans sa fiction.

 

 

L.L.

 
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Insolites - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /2007 01:00
Et voilà, une année et demi bien remplie.... Une 1ère saison qui s'achève avec de nombreux accomplissements.

La création d'Alternative Libérale, le développement de son réseau,  la participation à de nombreux groupes réformistes: Modernité ON/OFF de Philippe Lemoine,  Générations d'Idées de Nathalie Brion,  Réformes et Modernité de  Hervé Mariton, le développement de nos relations  en Europe  avec l'ELDR et le FDP notamment.  Nos 2 congrès de la Cigale et du Bataclan.  Une campagne présidentielle et la législative.  Et puis une gestion saine du parti: comptes certifiés, assemblée générale et comptes de campagne des candidats validés ...

Wow, lorsqu'on prend un peu de recul,  nous n'avons pas chomé et pouvons être tous satisfait de cette première étape !

J'ai tellement de monde à remercier  pour  tout ce travail accompli  alors je me lance dans une liste non-exhaustive:  Christine Mure,  Jean-Claude Armand, Thierry Jallas, Lea Richard, Jean-Michel  Laurent, Patrick Aymard,  Olivier Dardalhon, Said Bouaissi, David Poryngier,  Jean-Jacques Julian,  Philippe Gilliot,  Marie-Hélène Lermercier,  tout l'équipe du comité de direction d'Alternative Libérale, les candidats et leurs équipes, nos adhérents et sympthisants pour leur soutien  (Alain Liot, pour tes nombreux courriers d'encouragement), ... les journalistes qui auront pris le risque d'inviter de coriaces libéraux sur leurs plateaux, ... François Goulard qui lors de notre dernière rencontre m'a transmis une pêche d'enfer pour attaquer la 2ème saison !

Pour moi les vacances direction: la Namibie (sans accès web, phone ou autre, ...), ce petit pays (par le nombre d'habitants) d'Afrique entre l'Angola et l'Afrique du Sud. Ancienne colonie Allemande, la Namibie jouie des paysages les plus fabuleux du monde: réserves animales, paysages lunaires, dunes de sable rouge, ....

22-28-large.jpg


Avant de partir je faisais un petit retour dans mes vieux CD de musique. En tant que guitariste néo-classique, j'avais beaucoup d'estime pour un jeune prodige du nom de
Jason Becker. Virtuose de la guitare dans les années 90 à l'âge de 16 ans, un médecin lui diagnostic une sclérose latérale amyotrophique. Sans relache, il se bat contre la maladie depuis lors. Aujourd'hui, il est inccapable de marcher ni même de parler, mais continuer de composer de la musique grâce à un système de communication sophistiqué.

Je me souviens écouter pendant des heures ses 2 titres "Altitudes" et "Air" les plus prodigieux, tout en lisant une fabuleuse épopée dans le registre de la science-fiction appelé le
fleuve de l'éternité, écrit par Philip José Farmer. Imaginez que l'humanité de tous les âges se retrouve renaître au bord d'un fleuve sans avoir à se préoccuper de se nourrir ou de la mort. L'épopée refait apparaître des personnages connus tels que Richard Francis Burton, Alice Hargreaves, Jean Sans Terre, Goering, l'Homme de Néanderthal, ... le long d'un fleuve où règne un ordre spontané, du moins au départ ! Voilà de quoi nourir les adeptes de sociologie libérale.

En attendant voici un extrait de Jason Becker, pour le fleuve de l'éternité, rendez vous sur fnac online.




Pour patienter jusqu'à la rentrée septembre.

Bonnes Vacances

L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Grand angle
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /2007 17:30
La frénésie asiatique a longtemps été réduite à la conquête d'un marché potentiellement juteux de plus d'un milliard de consommateurs et au "sourcing" de produits à bas prix. Les Etats asiatiques ont des réserves financières colossales (résultant des déficits commerciaux importants récurrents en faveur de ces derniers) : la Chine est la première réserve de dollars au monde, Singapour la cinquième. Face à des sociétés occidentales surendettées, la logique des prochaines années semble plutôt s'orienter vers un investissement massif asiatique en Europe ou en Amérique du Nord, afin de conquérir des parts de marché et de dynamiser ces mannes financières. Il faut mettre de côté le Japon et la Corée du Sud qui sont déjà inclus dans les zones de commerces occidentales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale pour faire front au communisme rampant en Asie. En revanche, les sociétés chinoises sont aujourd'hui très dépendantes des intermédiaires occidentaux pour accéder à nos marchés. Il ne serait donc pas surprenant que dans les années à venir les chinois adoptent une stratégie plus offensive en concrétisant des prises de participation dans nos industries ou bien par des implantations directes.

dragon.JPG

C'est d'ailleurs la tendance actuelle des grandes sociétés d'Etat Chinoise qui sont le fer de lance de cette nouvelle vague. Ainsi depuis des années le géant chinois des Telecom Huawei a d'abord permis aux opérateurs alternatifs tels que Free de s'équiper à moindre coût avant de prendre des parts de marché chez des acteurs plus importants tel que Orange. Puis le géant TFL rachète la division « téléviseurs » de Thomson. Ensuite, l'annonce récente de la participation dans le groupe financier Barclays d'une banque d'Etat Chinoise (CDB) et du fond d'Etat Singapourien Temasek pose la deuxième pièce d'un jeu de GO planétaire. C'est un évènement historique significatif dans le développement des relations entre l'Asie et l'Europe. La prise de contrôle dans une de nos banques parmi les plus influentes est un mouvement majeur. De plus elle confère à la Chine une visibilité accrue sur tous les mouvements financiers au sein de notre marché, pour l’étape suivante.

A plus petite échelle, notre tissu de PME est un segment intéressant pour les investisseurs chinois. Alors que celles-ci sont bien souvent engluées par notre bureaucratie, ou ont bien en mal de trouver des repreneurs pour remplacer les dirigeants partant en retraite, ou ont un manque de capacité d'investissement pour développer leur masse critique, elles peuvent susciter un intérêt vif pour fortifier un réseau de distribution, acquérir un savoir faire et être en prise directe avec notre marché intérieur. Les dépendances sociales et économiques nouvellement créées donnent alors une capacité de négociation colossale à ceux qui détiennent les emplois de nos citoyens. Cet axe de développement entrainera un maillage de notre marché et une dépendance forte. Ne nous trompons pas, l'ouverture Chinoise au capitalisme et à l'économie libre n'est pas probante. L'Etat chinois reste maître absolu dans tous les secteurs de l'activité économique du pays en imposant des règles de fonctionnement drastique aux investisseurs étrangers tant au niveau de la production local des biens et des services que des prises de participation. Pour conserver son hégémonie, sa stabilité sociale et sa croissance intérieure, celui-ci est donc contraint à l'expansion. Ainsi si nous ne mettons pas en place une réciprocité forte avec l’Etat chinois pour nos investissements, ce maillage ressemblera plus à une vassalisation de l’Europe.

Alors le mauvais réflexe, souvent celui des conservateurs de gauche comme de droite consiste à mettre des barrières et renforcer notre muraille. Ca peut marcher, mais il faut sans cesse monter plus haut. Créant par la même occasion des difficultés pour nos entreprises pour investir dans ces pays. Au contraire, nous devrions songer à nos entreprises les moyens d'être plus compétitives et à accélérer le processus de mondialisation des économies des pays :

1/ Par des décisions politiques d'une part au niveau de l'Union Européenne (ce qui nécessite une Europe politique, voir mon dernier billet à cet effet) et éventuellement en coopération avec l'Amérique pour obtenir de la Chine qu'elle applique les protocoles d'accord mis en place et les règles de libre marché, de transparence et de respect de la propriété pour nos entreprises. Je me souviens de mon entretien avec Dominique de Boisseson, vice-president de la Chambre de commerce et d'industrie Européenne à Shanghai en Août dernier me faisant part de l'importance de cette coopération Américano-Européenne pour peser sur le gouvernement Chinois. Car les accords bilatéraux et commerciaux conclus sont assez souvent déséquilibrés en notre défaveur, privilégiant la nécessité pour les occidentaux de contribuer au développement local de la Chine en promettant des potentiels de gains importants. C'est peut être la contre partie de notre arrogance de considérer la Chine comme un pays encore en voie d'émergence ? Nous la payons très cher.

2/ Puis par une restructuration économique radicale de notre marché intérieur en favorisant un marché du travail dynamique par un code du travail plus souple, le développement de PME solides et en favorisant les efforts dans la recherche et l'enseignement supérieur. En effet l'innovation permet de conserver une avance sur notre savoir faire et notre compétitivité. Nos PME de moins de 500 salariés représentent les 2/3 des salariés du secteur privé et leur effort de R&D (en pourcentage du CA est inférieur de quasiment moitié de l’effort de R&D des entreprises américaines de même taille. Cela pèse sur leur compétitivité à l’export et sur notre balance commerciale. Nous devons inciter à l’investissement en R&D dans nos PME par une restructuration des marchés financiers (voir point suivant) d’une part. D’autre part, les charges écrasantes sont d’autant plus pesantes sur des métiers à forte valeur ajoutée et haute rémunération, rendant difficile la fidélisation d’ingénieurs R&D qui auront tendance à quitter notre pays.

3/ Par la restructuration de nos marchés financiers et notamment la constitution de fonds de pension Européens. Aujourd'hui le système de gestion de nos retraites et de notre assurance santé est un frein majeur à cela. Au lieu de constituer une force de frappe d'investissement de notre société, il constitue un gouffre financier sans nom. Il est nécessaire d'ouvrir le monopole de ce modèle social maintenant devenu vétuste et se doter de structures adaptées à notre monde.

J'espère que ce quinquennat prendra la mesure de ces grands enjeux et que la France engagera dans les années à venir aux côtés de ses voisins Européens ces manœuvres indispensables.


L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /2007 14:20
Les libéraux ont une vision de l'économie assez différente des idées reçues. Il est simple (voir populiste), comme le pensait Malthus, de considérer l'économie comme un gâteau qu'il faut diviser en petites parts égales pour nourrir tout le monde. Au contraire, l'idée que le monde avance et donc que le gâteau grossit me parait une vision beaucoup plus optimiste et réaliste (tout simplement parce que la population mondiale est en croissance). Alors pour qu'un pays aille mieux que faut-il faire ? Augmenter sa population : par les naissances mais aussi par son immigration.

C'est la vision que partage l'IPPR (Intitute for Public Policy Research), un think-tank anglais proche de Tony Blair qui a récemment publié une étude sur le bénéfice en Angleterre de régulariser les sans-papiers. L'IPPR considère même l'immigration comme un "economic asset" (atout économique).

L'IPPR estime que le gain pourrait être de plus d'un milliard de livre par an en régularisant à peu près 500 000 immigrants illégaux. Ce gain est à mettre en face des 4,7 milliards de livre qu'il couterait de les renvoyer chez eux.

Cela me rappelle, lors de ma campagne cette jeune ukrainienne que je croisais par hasard rue du Mont-Cenis avec son enfant. Elle me racontait qu'elle était venue s'installer en France avec son mari ingénieur (aussi d'Ukraine) pour travailler. Aujourd'hui tous deux travaillent dignement mais dans l'illégalité parce qu'ils n'ont pas de papiers. Cette situation est très inconfortable car même s'ils gagnent dignement leur vie, ils sont dans l'insécurité et ne contribue pas à l'économie de notre pays par l'impôt.

Doit-on laisser les gens, vivre en marge de notre société, exploités dans le travail clandestin ou les ramener dans la société pour qu'ils paient des impôts et vivent leur vie à nos côtés ? Le pragmatisme anglais a encore frappé au moment où la France décide de s'enfoncer dans le populisme en créant un ministère de l'identité nationale et de l'immigration.

L.L.nti_bug_fck
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Politique - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires - Recommander
Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 20:02

L’élection présidentielle est maintenant derrière nous. Alors que l’Europe avait été grande absente pendant la campagne, elle fut grand vainqueur après et devrait nourrir les débats de la rentrée septembre. Les premiers mots du président élu furent pour annoncer à nos voisins que « la France est de retour en Europe ». Mais de quelle Europe voulons-nous ? D’une bureaucratie protectrice inhibant notre mobilité ou bien d’une Europe légère décentralisée mais unie sur des valeurs essentielles ?

 

La crise européenne que nous avons vécue ces derniers temps n’est-elle pas liée à un éloignement des institutions ou à un manque de cohérence dans les prises de décision, ou encore peut-être au fait qu’aujourd’hui ses valeurs sont en défaut ? Que peut bien vouloir dire être un citoyen Européen en ce début de 21° siècle ? Nous l’avons vu lors des débats houleux entre Etats sur le premier texte constituant proposé en 2005. Pour certains plus conservateurs, il faut faire une référence à nos traditions religieuses chrétiennes, alors que la France affiche une position laïque très stricte. Sur d’autres sujets, certains demandent plus de réglementation centrale dans la constitution pour se prémunir contre toutes dérives et garantir notre protection, surtout dans les affaires sociales, fâchant ainsi les pays qui ont l’habitude d’une certaine subsidiarité. Enfin l’élargissement sans limite de l’Europe a suscité les principales levées de bouclier. Dans cet enchevêtrement de principes, le projet d’unir les Européens semble vain. Pourtant, à date, 17 pays ont ratifié ledit traité.

 

Les pères fondateurs de l’Europe imaginèrent dès le début une Europe à plusieurs vitesses. Un premier cercle élargi correspond à la communauté des Etats ayant choisis de favoriser le développement d’une zone économique de libre-échange. Cette communauté s’est d’abord créée au début de la guerre froide sur une alliance des moyens de production du charbon et de l’acier par un accord de libre-échange avec objectif de construire la paix. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires Étrangères, déclarait lors d’une conférence de presse au quai d’Orsay en parlant de la CECA (Communauté Economique du Charbon et de l’Acier) : « cette organisation constituerait la première étape vers une fédération européenne ». La deuxième étape visait à transformer la communauté en une Europe unie (l’Union Européenne), avec le traité de Maastricht signé en 1992. Ce traité donne naissance à la citoyenneté Européenne et renforce le rôle du Parlement. Il entraîne aussi l’unification monétaire de l’Europe avec l’introduction de l’Euro comme monnaie unique. Puis les traités comme l’élargissement s’enchaînent dans une course folle à la centralisation avec le traité d’Amsterdam puis celui de Nice. Le 29 mai 2005 la machine Europe s’emballe et la France dit non au traité constitutionnel proposé. Nous y sommes, l’Europe doit malgré ces convulsions de départ entrer dans sa 3ème étape : la Fédération des Etats d’Europe. Contrairement aux conservateurs qui y voient une menace pour le système, et aux socialistes qui pensent y étendre une vaste zone d’Etat providence, une position intermédiaire et plus libérale pourrait prendre acte dans une Europe fédérale construite sur des bases légères pour lui permettre d’exercer ses fonctions régaliennes et de gagner la confiance de ses citoyens. Le but de l’Europe ne doit pas être d’organiser une vaste zone d’égalitarisme ou bien de construire des murailles plus hautes contre l’envahisseur étranger, mais bien au contraire de donner aux Européens de meilleurs outils pour affronter les défis de demain.

 

Pour cela nous devons anticiper les défis auxquels l’Europe sera confrontée dans les décennies à venir. Prenons d’abord le sujet du commerce extérieur : la Chine, juste avant la 1ère guerre de l’opium au milieu du 19° siècle, était la 1ère puissance mondiale pour le commerce avec environ 40% des échanges globaux. Les années de guerre et de communisme ont ramené cette part à moins d’1%. La niveau de pauvreté dans le pays s’est d’ailleurs accru de manière inversement proportionnelle à ce déclin. Depuis les années 80, avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiao Ping, une correction de l’Histoire s’opère et la Chine reprend un rôle prépondérant non seulement dans le commerce mondial mais aussi en matière diplomatique et militaire. En 2020, d’après The Economist Intelligence Unit, la Chine devrait dépasser l’économie américaine (à parité du pouvoir d’achat (PPP)). Au même titre, l’Inde devrait devenir la 3ème puissance économique mondiale et d’autres pays comme l’Iran ou la Russie devraient réussir à tirer profit de leurs sources d’énergie et de leur possession de l’arme atomique pour avoir un mot dans les affaires internationales. Ainsi l’Histoire du monde de demain ne semble pas se terminer avec la victoire des batailles idéologiques du 20ème siècle et avec l’universalisation de la démocratie occidentale. Alors que les différences idéologiques s’amenuisent, des réseaux d’Etat animés par un objectif idéologique particulier se forment. Alors que nous avançons dans le temps, deux axes d’analyse devraient émerger : le premier axe classant les régimes suivant leur caractère démocratique ou autocratique et le second distinguant ceux qui envisagent le monde comme reposant sur un équilibre dans la répartition du pouvoir et ceux qui le font reposer sur la loi internationale. Cette grille de lecture met en évidence l’émergence de 4 pôles organisés de la manière suivante autour de valeurs :

 

 

Loi

Equilibre des pouvoirs

Démocratie

Europe

USA

Autocratie

Chine / Russie

Moyen-Orient

 

 

 

« faiseurs de roi »

Inde, Brésil, Afrique du Sud, Algérie, Singapour

 

La nature de la bataille idéologique entre ces 4 sphères est relative. En effet, ces axes ne reflètent pas une opposition catégorique par rapport aux autres, mais souligne juste les valeurs dominantes. Par exemple les USA ne sont pas opposés au droit international, mais ils mettront plus d’emphase sur un équilibre des pouvoirs lorsque nécessaire. De la même manière la Chine et la Russie ne sont pas des actifs promoteurs de la dictature, ils n’ont simplement pas axé leurs priorités sur la démocratie.

 

Dans ce contexte international de consolidation de sphères de valeurs, d’autres grandes puissances graviteront dans les décisions internationales, telles des faiseurs de roi. C’est le cas de l’Inde : bien que n’ayant pas de siège au conseil de sécurité de l’ONU, elle talonnera à horizon 2020 les démocraties occidentales en terme de développement économique. D’autres pays pèseront dans la balance comme l’Afrique du Sud, l’Algérie ou le Brésil. Alors que les différentes sphères pourront cristaliser un équilibre, ce sont ces pays qui devraient peser dans les rapports de force inter sphères et être déterminant dans l’issue d’une bataille qu’elle soit énergétique, militaire ou économique.

 

La grille de lecture devient multidimensionnelle et le jeu des alliances est alors motivé de manière ponctuelle par un intérêt particulier. Cette nouvelle donne dans les affaires entre Etats a une influence colossale induite dans nos vies puisqu’elle élimine tout repère traditionnel. Il ne faut d’ailleurs pas non plus voir ces sphères délimitées par la géographie des frontières naturelles. A l’intérieur même des pays, nous pouvons constater l’existence de ces lignes de rupture, c’est pour cette raison que les Etats ont bien du mal à conserver leur hégémonie. Le Terrorisme est d’ailleurs la résultante d’une guerre entre ces sphères au sein même de l’une d’entre elle.

 

Revenons au contexte européen qui nous intéresse. La 3ème étape de notre construction devient plus claire. Elle consiste à faire émerger sur la scène mondiale une identité Européenne unifiée animée par le respect de la démocratie et du droit international. Unis, nous serons plus forts pour faire peser nos valeurs et attirer à nous des puissances régionales. Notre socle consistant de valeurs réside dans l’héritage des Lumières : les droits de l’Homme, le respect de la propriété et la liberté de commerce. Une fédération de l’Union Européenne serait investie de la responsabilité de représenter les Etats membres à l’extérieur par la diplomatie et d’en assurer la sécurité. C’est la seule manière de défendre nos intérêts humains et économiques face aux autres puissances qui se regroupent aussi : en 2001, la Russie et la Chine avec d’autres pays d’Asie Centrale signaient un accord de partenariat militaire et économique sous le nom de Shanghai Cooperation Organization (SCO, anciennement Shanghai Five). Cette organisation pèse près d’un tiers de la population mondiale et deviendra d’ici à 15 ans la première puissance mondiale. Selon le Troud : « la SCO est une alternative à l’OTAN en tant que bloc militaro-politique ». Selon le Kommersant : « Plus Moscou et Pékin se rapprochent, moins il y a d’espace pour la démocratie en Asie ». Le quotidien Gazeta titre : « Pas de place pour les Américains en Asie. L'organisation de Shanghaï a refusé aux Etats-Unis le statut d'observateur ».

 

La nécessité, pour nous Européens, de nous organiser au niveau politique apparaît de manière plus flagrante au vu des éléments décrits précédemment. Elle doit légitimer l’existence de la sphère Europe. Comment doit-on organiser notre Fédération de l’Union Européenne ? Quels sont ses objectifs et quels moyens doit-on lui donner ?

 

C’est seulement après avoir expliqué les vrais enjeux de la mondialisation, au-delà du simple pouvoir d’acheter des produits moins cher ailleurs, que nous pouvons aborder la question d’une Constitution Européenne. Celle-ci ne doit pas expliquer aux Européens comment « un plombier polonais » pourrait venir en France travailler. Il n’y avait d’ailleurs pas besoin de constitution pour cela, les traités en vigueur suffisaient. La constitution doit fonder cette Europe politique et lui donner une légitimité dans les affaires internationales. Elle doit forger les valeurs qui animeront les Européens. Le cadre institutionnel Européen doit aussi permettre de mieux coordonner les grands projets notamment en matière de recherche et d’enseignement supérieur, clé de voûte d’une économie de la connaissance.

 

Ainsi, ce nouveau mini-traité semble poser les jalons de la nouvelle feuille de route qui doit décrire et donner les moyens aux Européens d’atteindre ces objectifs. Le prochain pas doit permettre le rapprochement de notre système de défense en établissant un impôt européen direct pour le financement d’une armée et d’un commandement européen. Hervé Morin, ministre de la défense du gouvernement Fillion II déclarait que le budget de l’Etat français, ne suffisait plus à financer les projets de défense nécessaire. Parallèlement à cela, nos réseaux nationaux d’ambassades doivent progressivement se rapprocher pour former une ambassade européenne sous l’égide d’un Ministre Européen des affaires étrangères élu par le Parlement. Un traité doit unir les Etats de l’Union qui souhaitent donner naissance à cette Fédération. Il doit aussi préciser les moyens d’action extérieure de l’Europe et sa ligne de conduite vis-à-vis des affaires mondiales. Cette étape franchie, la Fédération doit pouvoir se munir d’une agence spéciale (en renforçant par exemple les prérogatives de l’agence Frontex qui existe pour cela) pour gérer l’immigration et délivrer une « carte verte ». Cette agence doit être accompagnée d’un service de sécurité intérieure pour lutter contre la clandestinité, le terrorisme et le grand banditisme : un corps de gendarmerie européen. Le financement de ces projets permettrait de mieux répartir ces budgets entre les Etats Européens selon leur taille et la difficulté à protéger chaque territoire. Aujourd’hui, il n’est pas normal que l’effort de défense ne repose que sur quelques États dont principalement la France et la Grande-Bretagne. La fédération continuerait d’exercer un contre pouvoir sur les Etats membres pour assurer le respect de la liberté de commerce et de la liberté de circulation des biens et des services. Tout citoyen Européen doit pouvoir choisir le modèle qui lui sied le mieux parmi ceux proposés par les Etats membres.

 

Ce mini-traité proposé par les conservateurs est un petit pas vers cet objectif qui reste malgré tout un élément décisif si nous voulons avancer. Mais ne nous trompons pas de cible, ce mini-traité doit nous permettre de mieux gérer les affaires extérieurs de l’Europe et ne pas se suppléer aux affaires sociales des Etats.


L.L.

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /2007 19:26
Nous pouvons constater que, dans le monde initial ouvert de l'Internet,  la libre concurrence a apporté beaucoup  aux consommateurs qui ont vu leur  téléphone devenir gratuit par exemple ou bien qui ont vu une démocratisation et une multiplication de l'accès aux contenus. Le principe d'Internet et de l'IP (le standard d'échange libre introduit pour supporter Internet) était de créer un espace virtuel de libre échange entre des opérateurs de réseau désireux de rejoindre la sphère.

On ne peut pas en dire autant dans le monde des télécommunications mobiles où la carte SIM a contribué notamment à créer des silos étanches entre ces réseaux. Les pouvoirs publics ont d'ailleurs été plus attentifs à l'encadrement du marché. Là où des acteurs comme Free ont pu se positionner pour repousser les limites en termes de services aux consommateurs, le monde du mobile n'a pas connu cette joie. Le marché des télécommunications mobile à valeur ajoutée représente certes plusieurs centaines de millions d'euros par an de revenus en moyenne par pays de l'UE. Il n'en reste pas moins d'une pauvreté certaine en terme de services malgré les moyens techniques disponibles.

Si on zoom, on peut se rendre compte que les Etats ont organisé de manière remarquable ce marché. Car tout d'abord le système de licence mis en place à une échelle nationale a placé la barrière d'accès si haute qu'elle limite pour chaque pays le marché à quelques acteurs: l'opérateur fixe historique, puis généralement 1 ou 2 groupes financiers proche de l'Etat. Cette concurrence encadrée permet d'établir non seulement un consensus sur les prix, mais aussi de mettre en place des mécanismes financiers entre opérateurs grâce aux déséquilibres des compensations sur le roaming en faveur de certains comme Swisscom ou Monaco Telecom qui jouent un rôle central dans ces mécanismes. On peut s'étonner que la commission ait tant de mal à faire plier les opérateurs lorsqu'on imagine les enjeux financiers. Il ne lui reste plus qu'à s'agiter de temps en temps pour calmer les esprits, notamment la pression des associations de consommateurs. En France, par exemple le marché des services mobiles à valeur ajoutée est complètement tenu par un organisme commun entre les opérateurs, qui décident des modalités de rémunération des fournisseurs de services ainsi que des services qui auront le droit de fonctionner sur le réseau. Autant dire que toute innovation et espérance de retour pour investissement pour un fournisseur de service ont été mis sous cloche.

Lorsque la justice française rend son jugement historique pour condamner sévèrement nos opérateurs en France, d'un montant historique, ce sont les consommateurs qui vont payer doublement la note. Car c'est l'Etat qui recevra les 534 millions d'euros d'amende et les consommateurs qui le paieront sur les prix. Alors, c'est bien dommage dans cette affaire que personne ne s'interroge sur l'organisation même de ce marché, qui au départ n'est pas concurrentiel et concentre un pouvoir important dans quelques mains.  L'ARCEP, l'organisme de régulation des Télécoms en France pourrait par exemple  libérer  le marché  en  autorisant  à des industriels de créer des réseaux  régionaux voir au sein d'une agglomération ou bien d'un quartier en concurrence des opérateurs mobiles existants. La relation entre ces industriels et les fournisseurs de services seraient alors beaucoup plus équilibrée pour le bien des consommateurs. Ce fut d'ailleurs l'objet de la création de MVNO, mais ceux-ci restent très dépendant des opérateurs mobiles qui leur fournissent le réseau, sans pouvoir représenter une alternative crédible.

Aujourd'hui c'est le marché de l'électricité qui s'ouvre malheureusement dans ce même esprit de concurrence faussée. Pourtant la libre concurrence est le meilleur recours pour le citoyen pour se prévaloir de l'abus de position dominante de certains acteurs. Rappelons les progrès amenés par les libéraux en Europe: Paris-Barcelone à 20€ en avion via les low-costs depuis la dérèglementation du transport aérien, la minute de téléphone gratuite en France et jusqu'en Chine grâce à la dérèglementation des télécommunications.

L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Grand angle
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 10:02

Hier soir  le camarade Jean-Michel et moi-même assistions à un conseil de quartier  sur le thème  "bien vieillir". A Paris les retraités représentent 22% de la population totale. C'est un chiffre qui devrait en moyenne croître de +10% à 15% selon les tranches d'âge d'ici à 2010.

Un hôpital comme Bretonneau fut érigé au XIX° siècle avec comme spécialité le soin aux enfants notamment la lutter contre la typhoïde a été transformé en véritable hôpital gériatrique. Il accueille maintenant des services spécialisés dans les maladies de la mémoire comme Alzheimer, dans la recherche sur les chutes et les troubles de l'équilibre ainsi que sur la maladie de Parkinson. L'hôpital bénéficie ainsi auprès du 3ème âge d'une bonne aura. Pour les personnes âgées du quartier, entrer à Bretonneau est devenu une sorte de rêve. On y est accueilli avec un service de grand luxe. C'est aussi l'opportunité d'un bilan médical très approfondi et surtout l'occasion de se retrouver dans une "ville" pour vaincre l'isolement dont sont souvent victime ces personnes âgées.

Malheureusement, le sésame est bien souvent difficile à atteindre. L'hôpital accepte 3000 consultations par an maximum via le médecin généraliste et quelques 100 places pour les soins longue durée.

Alors quelles options peut-on envisager pour toutes ces personnes qui aspirent encore à être "dans" notre société ? Si le conseil de quartier n'était pas complètement verrouillé par l'adjoint au maire socialiste qui fait la promotion de la politique de la ville de Paris, nous aurions pu avoir un débat. C'est d'ailleurs, la remarque d'un membre de l'assemblée qui reprochait le manque de démocratie patent de l'arrondissement.

Les solutions pour démocratiser l'accès aux services de Bretonneau, elles existent: le développement par exemple de "l'hôpital à domicile", la mise en vente de dispositif de prévention, ... Et surtout une solution encore inexploitée: l'implication des assurances santés dans le processus d'accompagnement / prévention. Notre système d'assurance santé (la fameuse "Sécu") se désintéresse totalement de ses administrés, par cause: l'absence de concurrence brise toute intérêt d'améliorer la qualité de service. Une assurance privée soucieux de garder en bonne santé ses clients redoublerait d'effort et de prévention des risques.

Ensuite,  la mobilité  est souvent une cause d'isolement. En effet, il peut devenir difficile de se déplacer en cas de mobilité réduite et faute de transport public. Le déploiement d'un réseau de navette efficace qui doit répondre à une demande très aléatoire, est très difficile à organiser pour un pouvoir public rigide et peu enclin à gérer des situations particulières.  Un réseau de navettes privées s'organisant avec des ressources locales et développant un service de transport public de proximité pourraient largement desservir ces besoins. Je déplore aujourd'hui, dans notre société que la règlementation soit une entrave au développement de ce type d'initiative. Car en effet seule la RATP est autorisée à opérer un réseau de transport public à Paris.

Enfin, le plus choquant fut la réaction de l'adjoint au maire à la demande du président de E.M.A.N.A., une association qui a pignon sur rue dans le 18° et reconnue pour ses services. E.M.A.NA. aurait largement besoin de plus de bénévoles pour assurer le service de proximité que l'association rend. Mais ce type d'initiative est nuisible pour les socialistes qui n'ont pas le contrôle "électoral" de l'association. De plus, pour servir d'accompagnateur (entretenir une discussion, pousser un fauteuil roulant, faire des petites courses, ...) selon cet adjoint, il faut une formation diplômante. J'entends alors un pamphlet de précautions à prendre décourageant toute initiative bénévole et justifiant l'omniprésence de l'Etat, désertifiant ainsi toute solidarité locale.

De plus cela fait de l'ombre au dispositif émeraude et au service civil que la mairie met en place. Parachuter des jeunes dans le 18° soulève déjà l'inquiétude des personnes de l'assemblée qui appréhendent cet inconnu. Un facteur de stress dont ils se passeraient bien. Mieux vaut utiliser les ressources locales et les liens qui peuvent se créer, comme le préconise le président d'E.M.A.N.A. qui a l'habitude avec son association de rendre bien des services. La vraie solidarité est celle qui s'organise spontanément à la base et pas celle qui se décrète d'en haut.

Car pour aider E.M.A.N.A. à réaliser sa mission de service aux autres il existerait des pistes. Tout d'abord réformer le système des fondations comme je le proposais dans un courrier précédent pour permettre à ces associations de bénéficier plus facilement des abattements fiscaux nécessaires pour lever de l'argent. Ceci engage l'action du député. Et permettre de déclarer des heures de "service bénévole" moyennant un abattement sur les impôts locaux pour toute personne s'engageant au service des autres, engageant une action du maire.

L.L.



Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Paris
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /2007 23:19
Aujourd'hui j'étais invité par l'ELDR  à la conférence des chefs d'Etat libéraux  membres de l'ELDR pour statuer sur le mini-traité. Parmi les ministres et leader invités  il y a avait: Guy Verhofstadt (1er ministre belge), Cecilia Malmström (ministre des affaires européennes suédois), Calin Popescu-Tariceanu (1er ministre roumain), Anders Fogh Rasmussen (1er ministre danois), Andrus Ansip (1er ministre estonien),  Graham Watson (président du groupe parlementaire ALDE au parlement ), Annemie Neyts (président ELDR), Matti Vanhanen (1er ministre finlandais), Olli Rehn (commissaire européen à l'élargissement).

Liberal-democrate.jpg

Nous voulons d'un nouveau mini-traité et nous encourageons la présidence allemande qui souhaite vivement relancer le processus Européen. C'est un enjeu important pour permettre à l'Europe de répondre aux demandes de ces citoyens tant sur des aspects de politique intérieure, de politique des frontières que de représentation extérieure.

Ce mini-traité doit être simple et doit inclure les innovations institutionnelles et procéduriales comme la charte sur les droits fondamentaux. En revanche, la partie III du traité qui rassemble les différentes politiques de l'Union ne doit pas être inclus dans ce nouveau traité. C'est principalement cette partie qui avait divisé les français sur l'adoption de la consitution en 2005.

Les leaders libéraux européens sont contre toute renégociation du package institutionnel ainsi proposé et rediscussion des droits de vote, acceptée dans la consitution Européenne.

Pour les libéraux démocrates, il est essentiel que les points suivants soient surlignés dans ce nouveau traité:
-une référence aux droits fondamentaux pour les citoyens de l'UE, comme socle engageant pour les états membres;
-un rôle renforcé de l'UE dans le monde avec une extension de ses prérogatives sur: le droit d'asile, l'immigration et la coopération judiciaire dans les affaires crimminelles ainsi que sur une modernisation de la politique européenne avec l'ajout d'une clause de solidarité entre les états membres sur l'énergie, la lutte contre le terrorisme et une défense collective;
-un contrôle plus important sur les activités de l'UE par les parlements nationaux selon le principe de subsidiarité;
-un engagement d'un ratification par les parlements nationaux du présent traité pour une adoption en 2009.

Pour Alternative Libérale, en phase de rejoindre l'ELDR comme membre permanent, nous devons devenir le relais de communication des résolutions politiques en France des libéraux démocrates.

Ce mini-traité doit donner à l'Europe une existance légale pour pouvoir peser et faire valoir les intérêts des concitoyens dans le monde.

Pour rappel, l'ALDE (groupe des libéraux démocrates Européens) représente le 3ème groupe au parlement Européen avec environ 15% des sièges derrière le PPE (conservateur) et le PSE (socialiste).


L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /2007 19:17
Depuis aujourd'hui la Reine d'Angleterre a donné le titre de Lord à Salman Rushdie. Cet écrivain Indien qui avait fait parler de lui pour ses versets sataniques en septembre 1988.

Ce livre avait déclanché une vive réaction dans le monde islamique.  Ce livre avait été banni  dans plusieurs pays dont l'Inde,  l'Afrique du Sud, le Pakistan,  l'Arabie Saoudite,  l'Egypte,  la Somalie, le Bangladesh, le Soudan, la Malaisie,  l'Indonésie et la Quatar.  Sur Radio Téhéran, une fatwa réclamait alors l'exécution de Salman Rushdie pour avoir  blaphémer contre l'Islam.

La liberté d'expression ne doit pas avoir de limite car c'est la seule arme contre toute forme de totalitarisme qu'il soit politique ou religieux. En France, plusieurs essais de censure et de lois liberticides contre le blasphème ont été tentés. Ils ont échoué et le récent procès Charlie Hebdo a été une victoire pour la liberté d'expression.

LiberteCherie-small.jpg

Quelques intégristes ont décidé d'utiliser l'Islam pour leur croisade pour établir leur règne, celui d'une terreur totalitaire. Pour l'immense majorité de musulmans qui désire vivre en harmonie avec d'autres cultures, nous devons leur garantir dans nos démocraties, le respect des droits fondamentaux, d'expression libre et de respect de la personne.

L.L.
Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 22:18

Le 1er Juin 2007, nous recevions à Paris Markus Loening, député berlinois du FDP (parti libéral Allemand) et vice-président de l’ELDR (parti libéral-démocrate Européen), pour un échange de vues sur l'Europe.

IMG-4775.JPG (de gauche à droite: Patricia Commun - Professeur d'économie spécialiste en Ordolibéralisme, Markus Loëning, Sabine, votre serviteur, Emmanuel Page - Représentant d'Alternative Libérale à Berlin et Edouard)

Les libéraux des deux côtés du Rhin se sont entendus sur le projet d'une Europe politique Fédérale, qui soit également une zone de libre-échange complètement intégrée. Une Europe capable d'un rayonnement international et d'une influence concrète en faveur des droits de l'homme, partout dans le monde.

Non seulement la création en 2001 d’une alliance militaire conclue entre la Russie, la Chine et les dictatures d’Asie centrale (SCO), les problèmes migratoires et de terrorisme, demandent à l’Europe qu’elle parle maintenant d’une seule voix et qu'elle renforce son unité politique.

Nous, libéraux, appelons donc à la ratification rapide d’un traité simplifié qui permette à l’Europe de se doter d’un ministre des Affaires étrangères qui sera aussi vice-président de la Commission européenne en charge des questions de politique étrangère européenne. 

 

Nous souhaitons également que cette nouvelle Europe adopte une structure administrative légère et subsidiaire favorisant un marché intérieur dynamique. L’Europe doit donc achever sa levée des frontières intérieures pour la libre circulation des biens, des personnes et des services. Alternative Libérale, tout comme le FDP, insiste sur la nécessité non pas d’une harmonisation mais d’une concurrence fiscale entre les Etats membres de l’Union européenne. L'Europe doit également servir à lutter contre tous les monopoles, mêmes ceux érigés sous prétexte de service public par les Etats membres, notamment la France.

 

Enfin, Alternative Libérale se réjouit du soutien apporté par le FDP au développement d’un véritable parti libéral en France. C'est le début d'un dialogue entre les partis libéraux français et allemands, que chacun veut constructif pour l'Europe, pour les libertés.

L.L.

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Regards sur le monde - Communauté : Les libéraux français
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recherche

A propos

Citations

"A government big enough to give you everything you want, is big enough to take away everything you have." - Thomas Jefferson

"Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito." - Albert Einstein

"Dirigent ceux qui prennent les risques que les dirigés ne veulent pas prendre" - Jean Jaures

Network

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés