Mardi 10 avril 2007
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Depuis mi-février le candidat UDF grimpe dans les sondages et talonne la candidate socialiste. Est-ce un phénomène de mode ? Est ce que François Bayrou peut-il devenir président de la République Française ? Quelles sont les options envisageables pour transformer cet essai ?
La position du candidat UDF apparaît comme très controversée dans un Et-Et ou Ni-Ni inaudible. Mais comment va t’il gouverner ? Jamais il n’arrivera à mettre sur pied un gouvernement avec des gens de droite et des gens de gauche, il n’aura donc personne pour gouverner avec lui, annoncent ses détracteurs. Pire encore, il n’aura pas de majorité à l’assemblée pour ratifier les lois.
Sur ce dernier point, la légitimité des autres candidats en pôle position peut être aussi bien contestée, n’étant crédités tous les trois qu’entre 20% et 25%, nous pourrions aussi légitimement nous poser la question de la majorité qu’ils auront à l’assemblée.
En étudiant la situation Européenne, on retrouve assez souvent cette configuration électorale avec 2 partis de majorité : socialiste et conservateur entre lesquels se trouve des partis de centre, des démocrates, des libéraux, des progressistes,... qui pèsent de manière significative. La situation de l’UDF n’est donc pas un scoop si on regarde hors de nos frontières.
Généralement lors d’un scrutin national ces partis de centre accèdent au pouvoir parce qu’ils réussissent à prendre pied dans une majorité tantôt avec des conservateurs tantôt avec des socialistes. Ces pays dotés d’un parlement (qui fonctionne) voit alors un jeu de négociation permettant aux lois d’être adoptées démocratiquement. C’est le cas, du parti FDP en Allemagne qui représente la 3ème faction du Bundestag avec 61 députés et qui est présent dans toutes les coalitions gouvernementales de 1949 à 1998 en alternance avec les démocrates-chrétiens (CDU) ou les sociaux-démocrates (SDP). En Irlande, les « Progressive Democrats » ont aussi adopté cette stratégie. Alors qu’ils ont été fondés seulement en 1985, ils arrivent au pouvoir dans une coalition en 1997. Plus récemment en Estonie c’est le mouvement libéral réformateur (ERP) qui prend le pouvoir avec le parti du centre (KESK) et l’Union du peuple (conservateur) dans une coalition. Le groupe du centre démocrate libéral représenté par l’ALDE (à laquelle l’UDF appartient) représente la 3ème force du parlement Européen, véritable force de proposition et d’influence l’ALDE s’allie avec le PPE (conservateurs) ou le PSE (socialistes) suivant leur stratégie politique. Alors que les partis de majorité s’engouffrent bien souvent dans une guerre idéologique de tranchées, le centre libéral démocrate représente un pragmatisme politique et une certaine garantie de la continuité au-delà des alternances.
Alors pourquoi en France en serait-il autrement ? Parce qu’une Ségolène Royal n’a pas la côte au sein du parti socialiste ou au sein de la gauche traditionnelle ? Est-ce vraiment représentatif des votants socialistes ? A droite Nicolas Sarkozy maintient avec fermeté ses positions. Même si les sondages sont favorables au candidat UDF, ils semblent plutôt confirmer une certaine défiance vis à vis du système ou encore une indécision des électeurs qui voit en François Bayrou l’anti-système modéré. Mais les électeurs de gauche ne se souviendront-ils pas de 2002 le jour de passer à l’acte ?
L’UDF a d’ailleurs souvent pris part à ce jeu de coalition avec les conservateurs. Malheureusement, la situation politique française de pouvoir absolu de l’exécutif sur le parlement rend bien impossible toute négociation ou influence. Pire les quelques représentants centristes se font absorber dans le parti de masse sans pouvoir exercer leur influence. Dans ce climat volatile, Daniel Cohn-Bendit a eu raison de lancer la proposition de coalition avec le Parti Socialiste. Si le projet de l’UDF n’a pas grand chose en commun avec celui de l’UMP qui se contente de perpétuer tranquillement la tradition du roi, en revanche et précisément sur la question des institutions, le projet UDF rejoint celui du parti socialiste à quelques modifications près. Un tel projet de refonte des règles du jeu politique ne peut se faire qu’avec le soutient d’un parti de majorité. Ainsi François Bayrou aurait toutes ses chances d’arriver au 2ème tour s’il rassure les électeurs de gauche en annonçant publiquement un soutien réciproque à Ségolène Royal au 2ème tour face à Nicolas Sarkozy. A l’issue du scrutin, le gagnant (ou la gagnante) face à Nicolas Sarkozy pourrait mettre en place un gouvernement de centre-gauche incluant les écologistes de Cap21 et les libéraux d’Alternative Libérale en menant une politique progressiste sociale démocrate et sociale libérale. Après 2 années nécessaires pour mettre en place cette 6ème république une dissolution de l’Assemblée Nationale suivie d’élections proportionnelles donnerait le jour à un nouveau gouvernement permettant de continuer les réformes dans un esprit de négociation et non pas à coup de bras de fer comme nous avons pu le voir avec l’épisode du CPE.
C’est le fonctionnement de toutes les démocraties Européennes, alors pourquoi la France ne pourrait-elle pas adopter ce principe ?
je n'ai rien à assumer, j'ai déjà dit qu'entre Bayrou et Sarkozy, j'aurais probablement voté pour Bayrou, donc merci une fois pour toutes de déblatérer des straw men (si tu veux la définition de ce mot, Wikipedia est ton ami) inutiles.
Et je ne vois pas en quoi je me réfugie derrière des forums. Je le dis et je le répète, je n'ai fait qu'observer ce qui se passe dans la blogosphère libérale que je connais bien et je me suis rendu compte qu'aucun "libéral dur" n'a reproché à Edouard de ne pas avoir soutenu Sarkozy.
Et effectivement, il vaut mieux clore ce débat, tu ne t'es que trop ridiculisé.
@Ludovic Lassauce:
Il ne faut pas se moquer du monde non plus...
Là c'est toi qui te moque du monde, car les principaux reprochent à l'égard d'AL sont justement de ne pas avoir soutenu Sarkozy qui semble le plus libéral.
Si véritablement, beaucoup vous reprochent de ne pas avoir appelé à voter Sarkozy, alors finalement vous avez dû subir encore plus de critiques que ceux à quoi je m'attendais....
@ Ronibéral
Je me suis ridiculisé? Comment? Par quoi ? Par qui?
Par un petit pseudo qui agite sa petite bannière d'une blogosphère libérale dont il se fait un piètre porte-parole?
Un type anonyme qui n'a que "straw men" et "pov' fillias" à la bouche, incapable de recycler une pseudo-argumentation creuse usée jusqu'à la corde?
Mon pauvre Roni, on a les politocards qu'on mérite et, le tien est champion du monde et il te va à merveille.
Je ne me suis pas fait le porte-parole de la blogosphère libérale mais il se trouve qu'au moins 80% des libéraux qui la fréquentent sont d'accord avec moi.
Sinon, je laisse le lecteur objectif réaliser ta mauvaise foi et le mépris que tu as à mon égard.
Tu es un vrai politocard, il est dommage que tu aies quitté AL, ce parti était fait pour toi!
Au lieu de cela, quelle fut la divine surprise que l\\\'on nous avait fait miroiter par mails successifs? Une pitoyable pantalonnade indigne, le fameux soutien à Bayrou. Quelle stratégie en vérité. Soutenir le parti d\\\'où vient Lassalle, que Bayrou a d\\\'ailleurs soutenu. Soutenir un candidat dont tout laisse à penser que le libéralisme est le cadet de ses soucis puisqu\\\'il n\\\'a visiblement n\\\'eu de cesse que de liquider le vieux fond vaguement libéral qui y traînait encore.
Vous nous dites, ce n\\\'est qu\\\'un soutien et pas un ralliement. Ah bon? Ravi de l\\\'apprendre. J\\\'avais cru comprendre via notre bon président que les libéraux allaient mouiller la chemise pour le crétin des Pyrénnées. Que penser d\\\'AL lorsque l\\\'on prend connaissance des derniers billets publiés sur divers blogs de candidats officiels pour les législatives où l\\\'on peut lire, schématiquement, que le libéralisme se trouve au centre. Comme le futur Parti Démocrate bayroutin fait les yeux doux au PS, sans même parler de l\\\'odieuse comédie de la non consigne de vote qui n\\\'est pas sans rappeler celle de Chirac en 1981, inutile de chercher comment tout ceci va se terminer. Pronostic d\\\'autant plus évident que tout ce qui semble se rapprocher plus ou moins de la droite semble objet d\\\'abomination pour ce bon Edouard si on en croit ce qu\\\'il publie sur Lib.org.
Il n\\\'a jamais été question sur Lib.org de soutenir Sarkozy contrairement à ce que vous laissez entendre assez scandaleusement. Seulement,à choisir entre une dinde qui va irrémédiablement couler le pays et un type qui au pire le fera stagner dans sa position actuelle ou au mieux initiera quelques réformettes, il n\\\'y a pas photo. Maintenant, vous êtes libres de suivre le mot d\\\'ordre du grand condor centriste qui a dit qu\\\'il savait pour qui il ne voterait pas. C\\\'est votre choix, mais ne vous livrez pas à une diabolisation de l\\\'autre, c\\\'est non seulement malhonnête intellectuellement mais également insultant. Néanmoins, pour ma part, je saurais me rappeler de ce choix et je saurais le rappeler lorsqu\\\'il faudra dresser un bilan des responsabilités en cas de désastre.
Naïvement, lorsqu\\\'AL a été créée, j\\\'ai voulu croire qu\\\'il était effectivement possible de faire de la politique autrement. J\\\'ai donc adhéré. Au bout d\\\'un an, il ne me reste de cette expérience que l\\\'impression de m\\\'être fait berner, d\\\'avoir perdu 45 euros et surtout d\\\'avoir été pris pour un con et de m\\\'être fait enc...r. Je suis peut être grossier, mais c\\\'est le seul mot qui me vient à l\\\'esprit lorsque je me prends à repenser à cette lamentable pantalonnade.
@ roniberal
Cites moi une seule insulte de ma part à ton égard, une seule insulte digne de ce nom.
Je salue le post d'Harald dont je peux comprendre la légitime colère, et tiens à rappeler que je ne suis plus à AL, je ne m'exprime plus en son nom.
Je reconnais aussi à Ludovic la liberté de ses prises de positions.
Le point commun entre Ludovic et Harald: ils argumentent.
Sinon les procès d'intention de ronibéral m'accusant d'être ignare, mou, etc... je m'en tape le steak.
@ Harald
"Néanmoins, pour ma part, je saurais me rappeler de ce choix et je saurais le rappeler lorsqu\\\'il faudra dresser un bilan des responsabilités en cas de désastre."
C'est de l'intimidation, Harald? Tiens cela me rappelle..... euh, non on va m'accuser de diaboliser.
Laissons dire....
@harald
J'ai beaucoup d'admiration pour tes écrits. Parler de "dinde" n'élève pas le débat. Sarkozy étant sûr de gagner, je me souviendrai également le sourire aux lèvres de ton choix: il faudrait déjà que tu commences par faire le bilan des 5 dernières années, c'est pas gagné!
Si tu préfères le petit poulet à la "dinde" (:-)) libre à toi. Hors de tout manichéisme guerrier, on constatera que le gouvernement Jospin a battu les records de privatisation, que par endroit les 35h ont aggravé la flexibilité.
On a dit Balladur interventionniste, Sarkozy autoritaire et interventionniste, sa personnalité est guidée par un libéralisme éclairé chacun le sait. Jean-Louis Borloo,grand étatiste, il me semble brigue Matignon, tout comme Fillon, ce proche de Philippe Séguin.
rendez-vous dans 5 ans en effet.
Ton attitude est libérale en apparence, à ceci près que je n'ai pas de compte à TE rendre sur mes choix ou mon vote. Je ne te reconnais aucune autorité sur mon engagement et mes choix citoyens. Ou alors Sarkozy étant depuis 5 ans n°2 du gouvernement, commence par rendre tes comptes.
Ce qui est valable pour moi l'est pour toi. Au tournant, puisque tu le souhaites, je serai là. Rira bien...
Maintenant, lorsque l\\\'on s\\\'avise d\\\'apporter son soutien, il me semble évident que l\\\'on endosse une certaine responsabilité. Non? Surtout lorsque le choix du soutien se porte sur un candidat qui n\\\'est pas parmi les mieux disant en terme de libéralisme, loin s\\\'en faut.
M'assimiler à un "piètre porte-parole" de la blogosphère libérale (rôle que je n'ai jamais voulu endosser par ailleurs) est une insulte.
Dire que je suis un type anonyme est complètement faux, mon identité est très aisément trouvable sur le Net (d'ailleurs, j'ai mis un lien vers un site web très connu).
Enfin, tu me fais bien marrer avec tes procès d'intention: Harald remet juste en question la stratégie d'AL, il n'incite personne à aller voter Sarkozy et je suis sûr qu'il respecte ceux qui ont décidé d'aller à la pêche en ce 6 Mai. Pour ma part, je ne me trouve plus en France depuis un an, donc je ne pourrai pas voter mais il est évident que si j'y habitais encore, j'aurais probablement voté Sarkozy. Voter pour quelqu'un ne signifie pas le "soutenir". Tu devrais apprendre la formule: "au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine". Je choisis Sarkozy par dépit, je n'attends rien de lui, je sais très bien que la "Révolution libérale" n'aura pas lieu avec lui, ceci dit, je préfère encore avoir comme Président de la République, l'ancien Ministre de l'Intérieur plutôt que la dinde poitevine.
De politocard, oui, mais pas d'inculte. Et un straw man de plus, un!
Justement, raison de plus pour se montrer plus que circonspect dans le choix du candidat à soutenir. Pour ma part, je ne crois pas un seul instant que Bayrou soit l\\\'homme à soutenir. L\\\'UDF n\\\'était déjà pas une formation libérale à proprement parler, mais il est évident que dès lors qu\\\'il l\\\'a eue en mains il n\\\'a eu de cesse que de faire le vide pour faire du pied en direction du PS. Il n\\\'y a rien à attendre du PS. La gauche française n\\\'a pas encore fait son aggiornamento idéologique. Elle reste empreinte de marxisme et ce même au sein de la gauche caviar. Mon député-maire par exemple, petit poulain de Martine Aubry et Ségolèniste à donf n\\\'a pas hésité un jour à proclamer que le moteur de son engagement politique était Salvador Allende, glorieux président mort les armes à la main pour la défense de ses convictions. Dans le même temps il s\\\'achetait un terrain classé zone boisée protégée non constructible pour y bâtir une maison valant au bas mot 600.000€.
A un moment donné, il faut faire preuve de cohérence. Lorsque l\\\'on veut faire de la politique autrement, on ne se livre pas à de petits arrangements minables dignes de la IVème république. Les libéraux d\\\'AL n\\\'ont eu de cesse de se proclamer anti système et en définitive ils ont accepté les règles du jeu politocard en choisissant un anti libéral qui plus est. Cherchez l\\\'erreur! Le seul à avoir été cohérent, c\\\'est malheureux à dire, mais c\\\'est encore JMLP qui a renvoyé dos à dos les fossoyeurs du pays en demandant à ses adhérents de s\\\'abstenir. C\\\'est le B.A BA de la stratégie d\\\'Alynski, sortir des règles du jeu imposés par l\\\'adversaire. Au lieu de cela , la montagne à accouché de politiciens visiblement opportunistes plus décidés à assurer une carrière que l\\\'avancée de leurs idées.
C\\\'est à force de jouer le jeu selon les règles que les libéraux se font enfler. C\\\'est parce que l\\\'électeur se résigne à choisir entre la peste et le choléra que le pays sombre lentement mais sûrement. Quelle serait la légitimité d\\\'un candidat élu avec 51% de 40% de votants? One man, one vote, certes, mais lorsque les idées sont représentées, sinon à quoi sert de jouer?