Hier soir le camarade Jean-Michel et moi-même assistions à un conseil de quartier sur le thème "bien vieillir". A Paris les
retraités représentent 22% de la population totale. C'est un chiffre qui devrait en moyenne croître de +10% à 15% selon les tranches d'âge d'ici à 2010.
Un hôpital comme Bretonneau fut érigé au XIX° siècle avec comme spécialité le soin aux enfants notamment la lutter contre la typhoïde a été transformé en véritable hôpital gériatrique. Il
accueille maintenant des services spécialisés dans les maladies de la mémoire comme Alzheimer, dans la recherche sur les chutes et les troubles de l'équilibre ainsi que sur la maladie de
Parkinson. L'hôpital bénéficie ainsi auprès du 3ème âge d'une bonne aura. Pour les personnes âgées du quartier, entrer à Bretonneau est devenu une sorte de rêve. On y est accueilli avec un
service de grand luxe. C'est aussi l'opportunité d'un bilan médical très approfondi et surtout l'occasion de se retrouver dans une "ville" pour vaincre l'isolement dont sont souvent victime ces
personnes âgées.
Malheureusement, le sésame est bien souvent difficile à atteindre. L'hôpital accepte 3000 consultations par an maximum via le médecin généraliste et quelques 100 places pour les soins longue
durée.
Alors quelles options peut-on envisager pour toutes ces personnes qui aspirent encore à être "dans" notre société ? Si le conseil de quartier n'était pas complètement verrouillé par l'adjoint au
maire socialiste qui fait la promotion de la politique de la ville de Paris, nous aurions pu avoir un débat. C'est d'ailleurs, la remarque d'un membre de l'assemblée qui reprochait le manque de
démocratie patent de l'arrondissement.
Les solutions pour démocratiser l'accès aux services de Bretonneau, elles existent: le développement par exemple de "l'hôpital à domicile", la mise en vente de dispositif de prévention, ... Et
surtout une solution encore inexploitée: l'implication des assurances santés dans le processus d'accompagnement / prévention. Notre système d'assurance santé (la fameuse "Sécu") se désintéresse
totalement de ses administrés, par cause: l'absence de concurrence brise toute intérêt d'améliorer la qualité de service. Une assurance privée soucieux de garder en bonne santé ses clients
redoublerait d'effort et de prévention des risques.
Ensuite, la mobilité est souvent une cause d'isolement. En effet, il peut devenir difficile de se déplacer en cas de mobilité réduite et faute de transport public. Le déploiement d'un
réseau de navette efficace qui doit répondre à une demande très aléatoire, est très difficile à organiser pour un pouvoir public rigide et peu enclin à gérer des situations particulières.
Un réseau de navettes privées s'organisant avec des ressources locales et développant un service de transport public de proximité pourraient largement desservir ces besoins. Je déplore
aujourd'hui, dans notre société que la règlementation soit une entrave au développement de ce type d'initiative. Car en effet seule la RATP est autorisée à opérer un réseau de transport public à
Paris.
Enfin, le plus choquant fut la réaction de l'adjoint au maire à la demande du président de E.M.A.N.A., une association qui a pignon sur rue dans le 18° et reconnue pour ses services. E.M.A.NA.
aurait largement besoin de plus de bénévoles pour assurer le service de proximité que l'association rend. Mais ce type d'initiative est nuisible pour les socialistes qui n'ont pas le contrôle
"électoral" de l'association. De plus, pour servir d'accompagnateur (entretenir une discussion, pousser un fauteuil roulant, faire des petites courses, ...) selon cet adjoint, il faut une
formation diplômante. J'entends alors un pamphlet de précautions à prendre décourageant toute initiative bénévole et justifiant l'omniprésence de l'Etat, désertifiant ainsi toute solidarité
locale.
De plus cela fait de l'ombre au dispositif émeraude et au service civil que la mairie met en place. Parachuter des jeunes dans le 18° soulève déjà l'inquiétude des personnes de l'assemblée qui
appréhendent cet inconnu. Un facteur de stress dont ils se passeraient bien. Mieux vaut utiliser les ressources locales et les liens qui peuvent se créer, comme le préconise le président
d'E.M.A.N.A. qui a l'habitude avec son association de rendre bien des services. La vraie solidarité est celle qui s'organise spontanément à la base et pas celle qui se décrète d'en haut.
Car pour aider E.M.A.N.A. à réaliser sa mission de service aux autres il existerait des pistes. Tout d'abord réformer le système des fondations comme je le proposais dans un courrier précédent pour permettre à ces associations de bénéficier plus facilement des abattements fiscaux nécessaires pour lever de
l'argent. Ceci engage l'action du député. Et permettre de déclarer des heures de "service bénévole" moyennant un abattement sur les impôts locaux pour toute personne s'engageant au service des
autres, engageant une action du maire.
L.L.
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