Les libéraux ont une vision de l'économie assez différente des idées reçues. Il est simple (voir populiste), comme le pensait Malthus, de considérer l'économie comme
un gâteau qu'il faut diviser en petites parts égales pour nourrir tout le monde. Au contraire, l'idée que le monde avance et donc que le gâteau grossit me parait une vision beaucoup plus
optimiste et réaliste (tout simplement parce que la population mondiale est en croissance). Alors pour qu'un pays aille mieux que faut-il faire ? Augmenter sa population : par les naissances mais
aussi par son immigration.
C'est la vision que partage l'IPPR (Intitute for Public Policy Research), un think-tank anglais proche de Tony Blair qui a
récemment publié une étude sur le bénéfice en Angleterre de régulariser les sans-papiers. L'IPPR considère même l'immigration comme un "economic asset" (atout économique).
L'IPPR estime que le gain pourrait être de plus d'un milliard de livre par an en régularisant à peu près 500 000 immigrants illégaux. Ce gain est à mettre en face
des 4,7 milliards de livre qu'il couterait de les renvoyer chez eux.
Cela me rappelle, lors de ma campagne cette jeune ukrainienne que je croisais par hasard rue du Mont-Cenis avec son enfant. Elle me racontait qu'elle était venue
s'installer en France avec son mari ingénieur (aussi d'Ukraine) pour travailler. Aujourd'hui tous deux travaillent dignement mais dans l'illégalité parce qu'ils n'ont pas de papiers. Cette
situation est très inconfortable car même s'ils gagnent dignement leur vie, ils sont dans l'insécurité et ne contribue pas à l'économie de notre pays par l'impôt.
Doit-on laisser les gens, vivre en marge de notre société, exploités dans le travail clandestin ou les ramener dans la société pour qu'ils paient des impôts et vivent
leur vie à nos côtés ? Le pragmatisme anglais a encore frappé au moment où la France décide de s'enfoncer dans le populisme en créant un ministère de l'identité nationale et de
l'immigration.
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