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Jeudi 26 juillet 2007
La frénésie asiatique a longtemps été réduite à la conquête d'un marché potentiellement juteux de plus d'un milliard de consommateurs et au "sourcing" de produits à bas prix. Les Etats asiatiques ont des réserves financières colossales (résultant des déficits commerciaux importants récurrents en faveur de ces derniers) : la Chine est la première réserve de dollars au monde, Singapour la cinquième. Face à des sociétés occidentales surendettées, la logique des prochaines années semble plutôt s'orienter vers un investissement massif asiatique en Europe ou en Amérique du Nord, afin de conquérir des parts de marché et de dynamiser ces mannes financières. Il faut mettre de côté le Japon et la Corée du Sud qui sont déjà inclus dans les zones de commerces occidentales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale pour faire front au communisme rampant en Asie. En revanche, les sociétés chinoises sont aujourd'hui très dépendantes des intermédiaires occidentaux pour accéder à nos marchés. Il ne serait donc pas surprenant que dans les années à venir les chinois adoptent une stratégie plus offensive en concrétisant des prises de participation dans nos industries ou bien par des implantations directes.

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C'est d'ailleurs la tendance actuelle des grandes sociétés d'Etat Chinoise qui sont le fer de lance de cette nouvelle vague. Ainsi depuis des années le géant chinois des Telecom Huawei a d'abord permis aux opérateurs alternatifs tels que Free de s'équiper à moindre coût avant de prendre des parts de marché chez des acteurs plus importants tel que Orange. Puis le géant TFL rachète la division « téléviseurs » de Thomson. Ensuite, l'annonce récente de la participation dans le groupe financier Barclays d'une banque d'Etat Chinoise (CDB) et du fond d'Etat Singapourien Temasek pose la deuxième pièce d'un jeu de GO planétaire. C'est un évènement historique significatif dans le développement des relations entre l'Asie et l'Europe. La prise de contrôle dans une de nos banques parmi les plus influentes est un mouvement majeur. De plus elle confère à la Chine une visibilité accrue sur tous les mouvements financiers au sein de notre marché, pour l’étape suivante.

A plus petite échelle, notre tissu de PME est un segment intéressant pour les investisseurs chinois. Alors que celles-ci sont bien souvent engluées par notre bureaucratie, ou ont bien en mal de trouver des repreneurs pour remplacer les dirigeants partant en retraite, ou ont un manque de capacité d'investissement pour développer leur masse critique, elles peuvent susciter un intérêt vif pour fortifier un réseau de distribution, acquérir un savoir faire et être en prise directe avec notre marché intérieur. Les dépendances sociales et économiques nouvellement créées donnent alors une capacité de négociation colossale à ceux qui détiennent les emplois de nos citoyens. Cet axe de développement entrainera un maillage de notre marché et une dépendance forte. Ne nous trompons pas, l'ouverture Chinoise au capitalisme et à l'économie libre n'est pas probante. L'Etat chinois reste maître absolu dans tous les secteurs de l'activité économique du pays en imposant des règles de fonctionnement drastique aux investisseurs étrangers tant au niveau de la production local des biens et des services que des prises de participation. Pour conserver son hégémonie, sa stabilité sociale et sa croissance intérieure, celui-ci est donc contraint à l'expansion. Ainsi si nous ne mettons pas en place une réciprocité forte avec l’Etat chinois pour nos investissements, ce maillage ressemblera plus à une vassalisation de l’Europe.

Alors le mauvais réflexe, souvent celui des conservateurs de gauche comme de droite consiste à mettre des barrières et renforcer notre muraille. Ca peut marcher, mais il faut sans cesse monter plus haut. Créant par la même occasion des difficultés pour nos entreprises pour investir dans ces pays. Au contraire, nous devrions songer à nos entreprises les moyens d'être plus compétitives et à accélérer le processus de mondialisation des économies des pays :

1/ Par des décisions politiques d'une part au niveau de l'Union Européenne (ce qui nécessite une Europe politique, voir mon dernier billet à cet effet) et éventuellement en coopération avec l'Amérique pour obtenir de la Chine qu'elle applique les protocoles d'accord mis en place et les règles de libre marché, de transparence et de respect de la propriété pour nos entreprises. Je me souviens de mon entretien avec Dominique de Boisseson, vice-president de la Chambre de commerce et d'industrie Européenne à Shanghai en Août dernier me faisant part de l'importance de cette coopération Américano-Européenne pour peser sur le gouvernement Chinois. Car les accords bilatéraux et commerciaux conclus sont assez souvent déséquilibrés en notre défaveur, privilégiant la nécessité pour les occidentaux de contribuer au développement local de la Chine en promettant des potentiels de gains importants. C'est peut être la contre partie de notre arrogance de considérer la Chine comme un pays encore en voie d'émergence ? Nous la payons très cher.

2/ Puis par une restructuration économique radicale de notre marché intérieur en favorisant un marché du travail dynamique par un code du travail plus souple, le développement de PME solides et en favorisant les efforts dans la recherche et l'enseignement supérieur. En effet l'innovation permet de conserver une avance sur notre savoir faire et notre compétitivité. Nos PME de moins de 500 salariés représentent les 2/3 des salariés du secteur privé et leur effort de R&D (en pourcentage du CA est inférieur de quasiment moitié de l’effort de R&D des entreprises américaines de même taille. Cela pèse sur leur compétitivité à l’export et sur notre balance commerciale. Nous devons inciter à l’investissement en R&D dans nos PME par une restructuration des marchés financiers (voir point suivant) d’une part. D’autre part, les charges écrasantes sont d’autant plus pesantes sur des métiers à forte valeur ajoutée et haute rémunération, rendant difficile la fidélisation d’ingénieurs R&D qui auront tendance à quitter notre pays.

3/ Par la restructuration de nos marchés financiers et notamment la constitution de fonds de pension Européens. Aujourd'hui le système de gestion de nos retraites et de notre assurance santé est un frein majeur à cela. Au lieu de constituer une force de frappe d'investissement de notre société, il constitue un gouffre financier sans nom. Il est nécessaire d'ouvrir le monopole de ce modèle social maintenant devenu vétuste et se doter de structures adaptées à notre monde.

J'espère que ce quinquennat prendra la mesure de ces grands enjeux et que la France engagera dans les années à venir aux côtés de ses voisins Européens ces manœuvres indispensables.


L.L.
par Ludovic Lassauce publié dans : Regards sur le monde communauté : Les libéraux français
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Commentaires

laissez le peuple chinois s'éveiller et vous verrez !
commentaire n° : 1 posté par : daniel le: 27/07/2007 15:53:49
ils ont le droit de vivre !
C'est à nous d'être suffisament rayonnant sur le monde pour ne pas disparaître.
Par ailleurs la machine Chine est déjà en marche depuis longtemps...
commentaire n° : 2 posté par : Ludovic le: 27/07/2007 16:55:09

Je vois d'une part d'un très bon oeil cette ouverture des chinois, elle va nous forcer à nous bouger et à faire une mue de notre modèle social archaique.

D'autre part, je pense que le meilleur moyen de réagir, effectivement est d'etre plus compétitif de notre côté en libéralisant une bonne fois pour toute notre économie, c'est le seul moyen. Cependant, il va falloir faire pression pour que la Chine libéralise elle aussi de son coté son marché. La chine n'est plus un pays du tiers-monde que l'on doit traiter comme tel, tantot avec l'envie de les faire progresser, tantot avec condescendance. Désormais ils sont dans la compétition comme nous, ils doivent donc adopter les mêmes règles de libre-marché que les occidentaux et les sociétés d'état s'ouvrir au capitaux privés.

Enfin, nos conservateurs en herbe de l'UMP.S. devraient tenir leur langue une bonne fois pour toute au lieu de déclarer qu'ils  veulent retenir ceux qui délocalisent en Chine et qu'ils veulent faire de la préférence européenne un credo protectionniste de plus. 
Le protectionnisme contre la Chine est une solution à jeter aux orties, en contrepartie, les chinois doivent libéraliser leurs marchés.

commentaire n° : 3 posté par : Tremendo le: 28/07/2007 19:16:43
tout à fait, le point crucial est que la Chine ouvre aussi son marché, à date ce n'est pas vraiment le cas. Il est impératif que nous puissions coordonner nos efforts pour demander à la Chine une réciprocité dans les relations commerciales.
commentaire n° : 4 posté par : Ludovic le: 30/07/2007 10:28:23

Les relations économiques franco-chinoises progressent mais demeurent en deçà de notre dialogue politique.

Nos relations économiques et commerciales s’appuient sur près de 1400 entreprises françaises implantées en Chine et sur de nombreux programmes de coopération.

Les "grands contrats" continuent d’occuper une place importante dans nos relations économiques bilatérales, à l’image des succès remportés Airbus, Eurocopter ou, dans le domaine spatial, par Alcatel. Le secteur des transports terrestres avec, notamment, les contrats obtenus par Alstom pour le transport de voyageurs et de frêt à grande vitesse, confirme les nombreuses perspectives offertes aux entreprises françaises spécialisées dans ce domaine comme dans ceux relatifs aux travaux d’infrastructure (Jeux olympiques de 2008, Exposition universelle de Shanghaï en 2010) ou à l’environnement.

La coopération franco-chinoise dans le domaine nucléaire s’avère exemplaire des partenariats industriels de long terme que la France et la Chine ont su bâtir. Depuis plus de vingt ans, l’industrie française (AREVA, Alstom, EDF) a pris une part active à la réalisation d’ambitieux programmes d’équipement électronucléaire chinois (centrales de Daya Bay, Ling Ao).

Les industriels, à l’exemple d’Alcatel ou de Citroën, se sont engagés dans la réalisation de sociétés conjointes soutenues par d’importants financements publics. Les investissements des entreprises françaises en Chine, à l’image de Michelin, Alcatel, Veolia ou Lafarge, constituent ainsi une composante de plus en plus importante de notre relation économique bilatérale.

Nos échanges bénéficien du potentiel de croissance de l’économie chinoise ; nos exportations ont progressé en 2006.

Nos résultats commerciaux de 2006 sont les meilleurs depuis 5 ans. Entre 2005 et 2006, nos exportations vers la Chine ont fortement accéléré (de +14 à +27%). Notre part de marché s’améliore de 1,37 à 1,43%. Le fait que cette performance s’explique en grande partie par une accélération des livraisons aéronautiques au second semestre ne doit pas occulter les très bons résultats enregistrés par de nombreux autres secteurs, certes plus modestes mais d’importance croissante (pharmaceutiques, cosmétiques, automobiles). Dans le même temps, nos importations ont sensiblement ralenti, essentiellement du fait des mesures de sauvegarde imposées sur le textile-habillement. Au total, le déficit bilatéral continue malgré tout à se creuser (13,8 Mds EUR) mais, pour la première fois depuis 5 ans, le taux de couverture s’améliore (de 40 à 44%).

La part de marché de la Chine en France progresse en un an de 5,6 à 5,8% (en tenant compte de Hong Kong). Cette moyenne est toutefois trompeuse puisque dans de nombreux domaines (vêtement, électroménager, informatique) la Chine est déjà, et de loin, le premier exportateur mondial. Sa part de marché en France atteint par exemple 25,7% dans le vêtement maille et 28,5% dans l’informatique.

Afin de remédier à la relative faiblesse de nos PME sur le marché chinois, un effort particulier de promotion a été entrepris dans le cadre du réseau « Cap export Chine », qui coordonne l’ensemble des partenaires de l’appui au commerce extérieur, et dont l’un des objectifs consiste à emmener et soutenir 1000 nouvelles PME en Chine par an.

 Une coopération culturelle, scientifique et technique de qualité qui s’ouvre à de nouvelles perspectives

Les crédits de coopération culturelle, scientifique et technique consacrés à la Chine font de ce pays notre premier partenaire en Asie après le Vietnam.

La coopération scientifique est aujourd’hui centrée sur plusieurs domaines prioritaires : la biologie et les biotechnologies, l’environnement, les mathématiques, l’informatique et les matériaux. Notre coopération technique se déploie dans de très nombreuses directions comme la sécurité civile (assistance à la lutte contre les inondations), la justice (programme « cent juges ») ou la santé (comité mixte franco-chinois en matière de santé). La coopération médicale entre les deux pays, déjà ancienne, est plus particulièrement active à Shanghaï autour du pôle sino-français de recherches en sciences du vivant et génomique inauguré en 2002.

La crise du SRAS en 2003 a conduit au renforcement de notre coopération dans le domaine de la santé publique. A l’occasion de la visite du Président Jacques Chirac en Chine, les gouvernements français et chinois ont signé, dans le cadre de notre coopération scientifique et de santé publique, un accord de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies émergentes. Le nouvel institut Pasteur de Shanghai, lancé en collaboration avec l’Académie des Sciences de Chine, a également été inauguré à cette occasion.

Dans le domaine des échanges artistiques et culturels, les Années croisées, qui se sont déroulées d’octobre 2003 à septembre 2005, ont permis d’approfondir la connaissance de nos cultures et d’offrir d’une image renouvelée de la France, faite non seulement de culture et d’arts mais également de modernité et de technologie.

La dynamique de ces deux années intenses se prolonge en 2006 par l’organisation en Chine du festival culturel « Croisement » et, surtout, par la mise en place, à l’initiative des premiers ministres français et chinois, d’un programme ambitieux d’échanges de Jeunes entre nos deux pays. En 2006, 400 jeunes professionnels français (artistes, créateurs d’entreprises, universitaires ou acteurs de la société civile) se sont rendus en Chine. En 2007, ce seront 400 jeunes chinois qui effectueront à leur tour une visite en France (deux groupes : les « jeunes poliiques » et les « jeunes artistes » ont déjà été reçus).

Dans le domaine linguistique et éducatif enfin, le renforcement de la présence d’étudiants chinois dans le réseau N+I d’écoles françaises d’ingénieurs, le centre franco-chinois de management de l’université Tongji de Shanghai (dont la première pierre a été posée par le Président de la République en octobre 2004) et le centre culturel français de Pékin devraient être les moteurs de croissance des échanges éducatifs franco-chinois dans les prochaines années.

Depuis son entrée en fonction, la nouvelle génération de dirigeants chinois a confirmé les choix de ses prédécesseurs fondés sur l’ouverture au monde et l’appui aux enceintes internationales de concertation. La Chine est aujourd’hui un acteur majeur et incontournable du dialogue politique à l’ONU, des négociations commerciales au sein de l’OMC ou des échanges culturels à l’UNESCO. La France a reconnu ces évolutions. La mise en oeuvre du partenariat global stratégique franco-chinois et du dialogue euro-chinois constituent les deux piliers sur lesquels se fondent désormais les relations entre la France et la Chine.

commentaire n° : 5 posté par : alain genestine (site web) le: 06/08/2007 20:30:47

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