Cette crise financière plonge les Etats, et
leurs contribuables dans un endettement financier de plus en plus lourd, avec des répercussions à venir inévitables sur l’augmentation des charges et la baisse du pouvoir d’achat. Finalement les
grands perdant de cette crise, ne seront ni les Etats qui auront vu leur pouvoir s’accroitre, ni les corporations (ces grandes entreprises qui font notre fierté nationale) dont les trous auront
été gracieusement comblé par l’intervention divine de l’argent public, mais les contribuables, les éternels « banquiers des banquiers ».
On peut d’ailleurs voir dans le camp des étatistes à droite et à gauche les appels du pied pour augmenter la pression fiscale. Car si l’amendement du Nouveau Centre pour la création d’une surtaxe contre la crise a été rejeté ce n’est que partie remise. En 2008, c’est un déficit budgétaire de plus de 6% du PIB en France avec une dette totale qui attend 70% du PIB. Soit en moyenne 1500€ de plus qui se volatilisent de la poche de chaque français (ou 4000€ par actif), à ajouter à notre dette déjà colossale. Pendant ce temps, les instigateurs de cette crise, apparatchiks, banquiers et politiques, jouissent d’une totale impunité des fruits de leur gestion calamiteuse et irresponsable. Pire, ils persistent…
A la fuite en avant du gouvernement accélérée par un énième plan type « Keynes » dont on sait l’inefficacité – car il s’agit de remplir un verre troué, fait face l’alternative d’un camarade populiste Besancenot surfant sur notre désarroi pour prôner la mise sous cloche de la France. Ainsi, avec cette seule opposition, la politique étatique et protectionnisme du gouvernement n’est apparait que bien plus ouverte aux yeux d’un électorat tiraillé entre Charybde en Scylla. Protectionniste et isolationniste, il est tellement plus simple de jouer le Sauveur tout seul que de trouver des solutions avec nos partenaires Européens. Et puis, que pèsent des milliers d’emplois en Slovénie ou République Tchèque face au sauvetage de quelques emplois déjà massivement subventionnés en France ? Face à cette débâcle protectionniste, aucun débat démocratique n’est possible, de toute façon la gauche est bien trop occupée à assurer sa survie politique. Ainsi contre toutes les règles de gestion Européenne, c’est un Michel Barnier tête de liste UMP aux Européennes qui s’entend faire la voix de la France, de gré ou de force à coup de souverainisme, ré-ouvrir la boite de Pandore et renégocier la fuite des déficits publics.
Alors aurions-nous d’autres alternatives entre celle d’une nationalisation partielle à la Sarkozy ou bien totale à la Besancenot, que des générations et des générations de français devront lourdement payer ?
Alors que le rôle de l’Etat devrait être de veiller à l’impartialité de la Justice et aux respects de nos libertés, il devient notre nouveau roi de France pour y servir les intérêts de quelques roitelets qui s’arrogent la maigre bagatelle de 80% de nos richesses. C’est donc une nouvelle révolution qui nous guette, mais pas celle d’un totalitarisme bolchévique prônée par le NPA, celle qui rendra aux français les richesses et les droits dont ils n’auraient jamais dû être dépossédés. Rien de tel que la faillite d’un système pour y parvenir.
Pour mener une révolution de velours, je m’interroge et propose de revenir aux fondamentaux. Lorsqu’une banque ou un investisseur est sollicité pour injecter du capital dans une entreprise, il en prend toujours un contrôle soit indirect soit direct par des participations dans son capital. Pourquoi les banquiers devraient avoir le monopole de cette règle d’or du capitalisme qui fait leur fortune depuis des siècles ? Ne pourrait-elle pas être appliquée aux français qui mettent encore la main à leur porte-monnaie ? Si je ne rembourse pas mes emprunts, la banque ne me saisit-elle pas mon capital ? Pourquoi le droit ne s’appliquerait-il pas de la même manière dans le cas présent aux entreprises ?
Ainsi pour chaque euro versé dans une relance, le contribuable devrait légitiment récupérer directement une contre-valeur en un nombre d’actions des entreprises aidées, au taux du moment. Les perspectives deviendraient alors très différentes. Car que deviendra la valeur de ces 4000 € d’actions versés dans les sauvetages d’entreprise dans 5, 10, 15 ans ? Finalement cette mesure serait une véritable augmentation du pouvoir d’achat en sortie de crise et pour tous les français. C’est une véritable redistribution des richesses, non pas par la spoliation collective comme le prône le NPA mais par la participation.
Et puis, est ce à Monsieur Sarkozy de décider quelle entreprise à droit à la vie sur une autre ? Pourquoi l’automobile déjà condamnée plutôt que la recherche, le médical ou bien le développement d’énergies propres ? N’est-il pas plus juste de laisser le soin aux français de juger quelle entreprise donne les meilleurs gages de confiance pour y mériter son argent ? Peut être que les dirigeants de nos banques n’auraient pas pu recevoir leur bonus cette année 2008. Peut être que Renault aurait eu à rendre plus de compte dans sa stratégie d’investissement et de gestion?
Ainsi si cette crise est une crise de confiance dans l’argent, et que le recours à l’argent public est nécessaire, c’est au peuple français qu’il doit en revenir l’usufruit. Si aujourd’hui, il faut descendre dans la rue pour protester : c’est contre ces imposteurs qui abusent de notre argent pour y réclamer notre usufruit, comme en Russie lors de la mise en vente du pays après Gorbatchev.
Alors si vous deviez mettre au pot aujourd’hui 4000 € dans une entreprise, quelle décision prendriez-vous ? N’est-il pas temps de vous dire que l’Europe c’est vous et qu’il est inacceptable de laisser ainsi se poursuivre cette gabegie collective.
Ludovic LASSAUCE
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