Mercredi 22 avril 2009

Telle est la manière dont la Loi fonctionne en France. Il y aurait des milliers d'exemples pour illustrer ces propos; je suis sûr que beaucoup d'entre vous a des témoignages de ce sentiment d'injustice qui consiste à voir certains jouir d'une impunité la plus totale, pendant que vous êtes vous même sanctionné à la moindre faute.

J'ai eu l'occasion de l'expérimenter ce soir vers 22h alors que j'étais au siège d'Alternative Libérale au 94 Bd Flandrin dans le 16ème, en réunion du Comité d'Orientation à la veille de notre congrès du dimanche 26 avril à Bobino. Je lance un regard songeur par la fenêtre histoire de me divertir d'une réunion langoureuse, furtivement parce que Sabine m'a à l'oeil, concentration oblige à la veille d'un congrès  ! J'aperçois alors un invidivu vautré sur mon scooter garé juste devant notre fenêtre. Vous pouvez aprécier le spectacle ci-dessous, iPhonisé sur le coup.

 

Je m'approche de cet individu qui titube. Fréderic de Harven alors présent me fait remarquer le tin blafard violet de ses lèvres boursoufflées, les yeux injectés de sang fréquent d'un cocktail alcool / drogue. J'incite cet individu bientôt rejoint par 2 comparses tout aussi déchirés de bien vouloir utiliser un banc public juste à côté plutôt que ma propriété pour cuver et y déverser sa bile, ses crachats... C'est alors qu'un réaction violente s'engage, l'aggressivité, les menaces montent. Tout est permis, il le sait bien ça fait des mois qu'il hante les environs, apprends-je des voisins.

C'est alors que me vient une idée lumineuse ! Plutôt que d'avoir recours à la Médiation qui m'aurait pris un peu de temps alors que mes camarades m'attendaient avec impatience en réunion, je décide de m'en remettre à l'Etat et d'appeler le 17. Je me dis avec super Sarko, on doit pouvoir au moins avoir ce service qui fonctionne. Effectivement, 10 minutes plus tard 3 policiers en civil de la BAC débarquent et arraisonnent le groupe de junkies dont celui qui était toujours sur mon scooter en position allongée au risque de provoquer une chute.

Je vais me signaler à la police qui m'explique que ces individus sont connus, vols de voiture, vandalisme, trouble de l'ordre public, prostitutions, ... bref la totale, que ce soir pris en flagrant délit d'ivresse sur la voie publique et atteinte à la propriété d'autrui (2 délits), il ne peuvent rien faire. Je demande au policier d'au moins les embarquer (le temps qu'ils désoualent) que je ne me retrouve pas dans une situation plus inconfortable après que ceux ci aient regagné leur QG (livré aux bandits, sans défense). Celui-ci me dit qu'il a fait son travail (il a répondu au 17 ), qu'il aurait fallu que je me fasse casser une bouteille de vin sur la tronche pour qu'ils daignent bouger (et encore pas c'est pas gagné). D'ailleurs, le gars en question le sait bien, il le crie haut et fort !

Pendant ce temps, l'URSSAF va vous coller des pénalités monstrueuses parce que vous aurez mal rempli la case 3XCR2004 du formulaire 32032KDFD23 ou bien vous serez acculer de payer 90 euros d'amende pour 56 Km/h en ville (d'ailleurs je vous conseille le
Coyote à ce propos, c'est très rentable). Argent facile !

Nous vivons dans un pays où le crime est impuni. C'est cela depuis des décennies d'Etatisme où le sens de l'Etat de droit, cher aux libéraux est devenu un espèce de truc qui ne sert plus que les intérêts de l'Etat lui-même.

Ludovic LASSAUCE

Par Ludovic Lassauce - Publié dans : Politique - Communauté : Les libéraux français
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Commentaires

salut !
excellent billet, et vécu en plus...!

Oui, c'est incroyable ce que nous vivons en France. Notamment parce que nous ne voulons plus nommer les choses. Oui : des CRIMINELS circulent librement, l'état ne rempli plus sa première fonction régalienne.

Mais les bien-pensants vont venir te dire qu'il ne s'agit pas d'un criminel, mais d'un jeune en difficulté sociale, victime de discrimination. Et que ta réaction est vraiment celle d'un réactionnaire de base, sécuritaire en plus. Que veux-tu répondre à cela ?
Commentaire n°1 posté par LOmiG le 23/04/2009 à 11h28
salut !
excellent billet, et vécu en plus...!

Oui, c'est incroyable ce que nous vivons en France. Notamment parce que nous ne voulons plus nommer les choses. Oui : des CRIMINELS circulent librement, l'état ne rempli plus sa première fonction régalienne.

Mais les bien-pensants vont venir te dire qu'il ne s'agit pas d'un criminel, mais d'un jeune en difficulté sociale, victime de discrimination. Et que ta réaction est vraiment celle d'un réactionnaire de base, sécuritaire en plus. Que veux-tu répondre à cela ?
Commentaire n°2 posté par LOmiG le 23/04/2009 à 11h29
salut !
excellent billet, et vécu en plus...!

Oui, c'est incroyable ce que nous vivons en France. Notamment parce que nous ne voulons plus nommer les choses. Oui : des CRIMINELS circulent librement, l'état ne rempli plus sa première fonction régalienne.

Mais les bien-pensants vont venir te dire qu'il ne s'agit pas d'un criminel, mais d'un jeune en difficulté sociale, victime de discrimination. Et que ta réaction est vraiment celle d'un réactionnaire de base, sécuritaire en plus. Que veux-tu répondre à cela ?
Commentaire n°3 posté par LOmiG le 23/04/2009 à 11h30
Si j'ai bien compris, le jeune junkie n'a fait que se vautrer sur votre scooter... avant de hurler comme un putois en présence de la police. Je ne vois pas très bien quelle infraction il aurait commise. Votre scooter marche encore, j'en suis sûr. Quant aux récriminations des voisins qui disent connaître l'importun, elles sont motivées uniquement par le souci de se débarrasser d'un individu qui jure avec le standing du boulevard Flandrin. Où est le trouble à l'ordre public ? Effectivement, la police a fait son travail, en répondant à l'appel au 17 et en venant constater sur place ce qui se passait. Or, il ne se passait rien de délictueux. Vous auriez aimé que ce junkie soit coffré pour aller dessaouler ailleurs ? Je croyais les militants d'AL plus libéraux que cela... 
Commentaire n°4 posté par Fredus le 24/04/2009 à 13h11

Je reconnais bien la marque du laxisme socialiste dans vos propos. L'Etat de droit est cher aux libéraux car sans cela et le respect d'autrui, il n'y a pas de libertés possibles.

Dans cet acte 3 méfaits ont été commis :
1/ envers la société pour ivresse sur la voie publique (en tant que libéral je peux contester ce concept)
2/ envers ma propriété qu'il a déteriorée (je vous passe les détails)
3/ envers ma personne qui s'est fait aggresser verbalement lorsque je lui ai demandé de siéger ailleurs (je vous passe aussi les détails de l'échange mais vous pouvez très bien l'imaginer)

C'est d'ailleurs pour cela que j'ai composé le 17. La police a été impuissante et n'a pas fait son travail.

Si vous n'êtes pas convaincu, je vous propose de reproduire la scène chez vous, on verra en combien de temps vous composerez le 17...

Réponse de Ludovic Lassauce le 24/04/2009 à 15h44
Evidemment, si vous êtes passé sur les détails, je ne pouvais pas me faire une idée exacte de la situation... Maintenant, j'imagine un peu mieux : dégradation de scooter, injures... décidément, cette porte Dauphine est vraiment mal famée la nuit.

J'espère que la réparation du scooter ne vous a pas coûté trop cher. Et si ce junkie était vraiment dans un état de délabrement physique et mental avancé, consolez-vous en vous disant que, probablement, ces injures ne vous étaient pas véritablement destinées, car la drogue et la prostitution n'ont jamais arrangé les troubles psychologiques dont souffrent les personnes qui s'y adonnent. 

Quant à la maison Poulaga, je pense qu'ils en ont marre de ramasser des junkies prostitués de sexe masculin à la porte Dauphine, et de les retrouver à tapiner au même endroit le lendemain soir. La prostitution n'est pas un délit ; et s'ils devaient placer en garde à vue tous les usagers de stupéfiants, les cellules des commissariats seraient pleines à craquer en permanence.

Question subsidiaire : où avez-vous lu que je suis socialiste ? Vous pensez vraiment que je perdrais mon temps sur le site d'AL si j'étais sympathisant PS ? 
Commentaire n°5 posté par Fredus le 24/04/2009 à 16h19
Pour vous répondre sur le fond, oui, nous sommes tous égaux devant la loi, du moins tant que la discrimination positive n'aura pas acquis droit de cité dans notre Constitution. Quant à son application, elle requiert toujours une dose minimale de souplesse, sans quoi on fait très vite exploser une société toute entière. L'adage "dura lex, sed lex" (la loi est dure, mais c'est la loi) est à manier avec précaution.

Quand on y réfléchit, c'est un peu normal. C'est une chose que d'énoncer la loi dans le cocon très douillet du Parlement, moyennant une indemnité mensuelle de 5219 euros. C'en est une autre que d'appliquer la loi, car il faut alors faire face aux réalités politiques, économiques, sociales de la société française, qui sont beaucoup moins douillettes. Or, précisément, la police est chargée de faire appliquer la loi.

La prochaine fois, au lieu de faire le 17, tentez le 18 en signalant une personne à demi-inconsciente sur la voie publique. Mais je vous préviens, les pompiers apprécient autant que les policiers de faire du "ramasse-piche", comme ils disent. C'est à dire qu'ils n'apprécient pas du tout.
Commentaire n°6 posté par Fredus le 24/04/2009 à 16h30
Là j'applaudis à 2 mains. Vous êtes magnifique.

AL voulait légaliser la fumette, libéraliser l'accès aux drogues et je vous trouve à dauber les junkies qui traînent dans les rues et dépareillent le bel ordonnancement planplan du boulevard Flandrin. Voilà, vous venez de découvrir qu'un camé ça fait n'importe quoi et qu'accessoirement ça peut foutre la trouille si j'en crois votre mâle recours à la grande maison.

Au passage, je note que vous vous scandalisez de ce que la bac n'ait pas embarqué les types au poste pour vous être agréables. C'est que la nuit ça n'est pas simple, les effectifs sont réduits et on ne va pas griller 4 heures pour chacun des 3 fonctionnaires tout ça pour une malheureuse IPM. C'est ce que ça donne lorsque l'on rogne les crédits et que l'on réduit les effectifs. C'est bien libéral ça comme politique, non ?
Commentaire n°7 posté par Harald le 28/04/2009 à 16h27
@harald

Il vaut mieux utiliser ses 2 mains pour applaudir...

AL propose la légalisation à titre expérimental, non pas pour encourager la consommation, de toute façon elle est un état de fait, puisque l'Etat ferme les yeux, mais pour mettre un terme au traffic.

Quant aux comportements aggressifs d'invidus qu'ils soient ivres ou sobres, c'est pas vraiment acceptable et n'a rien à voir avec le fait de légaliser (cf l'alcool). Effectivement il y a un problème avec la gestion du service public dans ce pays, c'est peut être une question de budget mais avant tout d'organisation et d'efficacité, les forces de l'ordre ne sont pas là où on a besoin d'elle, la justice ne fait pas son travail.

C'est peut être aussi le résultat d'un corporatisme qui empêche toute restructuration des services....
Réponse de Ludovic Lassauce le 29/04/2009 à 01h56

témoignage intéressant sur un laxisme encore trop important alors que l'on accuse le gouvernement et la police de l'inverse!

Commentaire n°8 posté par marc d'HERE le 16/10/2009 à 07h17
Je pense qu'il est plus utile d'appeler les pompiers ou une ambulance lorsque tu rencontres un cas d'ivresse avancée associée à de la drogue.

C'est peut-être idyllique de penser ça, mais as-tu imaginé que cette personne pouvait avoir besoin d'aide médicale ?
Okay, on n'a pas les moyens de faire suivre un programme de désintoxication pour tous, et tous ne le veulent pas. Mais on devrait.
Ce n'est pas à la police de traiter ce genre de cas, mais aux services médicaux. Peut-être était-il au seuil de l'overdose ou du coma éthylique. De toute manière l'association alcool/drogue est très dangereuse.

Ah pour monsieur le pseudo socialiste qui pense qu'appeler la police était quelque chose d'inutile. Juste une question, et si Ludovic avait eu besoin de reprendre son scooter pour rentrer chez lui par exemple, qu'aurait-il du faire puisque l'homme ne voulait pas bouger de là ?
Cas numéro 1 : le dégager par la force au risque de déclencher une bagarre avec tous les risques que cela entraîne et avec éventuellement la police qui finit par arrêter les deux personnes.
Cas numéro 2 : rentrer chez soi à pied ?!

C'est beau d'avoir des convictions, mais faut pas oublier d'être réaliste de temps en temps aussi. Ca peut-être utile.
Commentaire n°9 posté par Inconnu le 27/10/2009 à 23h08

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