Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
23:02
Les retards d'un an de livraison de l'Airbus A380 entraînent des conséquences financières de 6.2 Milliards, pour un carnet de commande actuel de 154 exemplaires à un prix catalogue 213.6 Millions d'euros, autant dire presque 20% du chiffre d'affaire réalisé sur le carnet de commandes, une opération certainement très juteuse pour EADS.
En attendant c'est la collectivité qui finit par payer la note doublement salée:
1/ en renflouant les caisses d'Airbus (pour supporter l'augmentation de 1.5 Milliards de besoin en fonds de roulement) et/ou en faisant supporter à la société les conséquences sociales;
2/ en payant le prix de l'augmentation des billets d'avion conséquence directe sur l'industrie du transport aérien, déjà certaines compagnies aériennes l'ont annoncé pour supporter leur manque de capacité de croissance;
Belle récompense pour l'ex-patron d'Airbus qui empoche 6 Millions d'Euros lors de son départ... Cela devient même un sport national chez les élites Françaises...
EADS est sauvé le 9 octobre par l'Elysée qui annonce que Chirac prendra "toutes ses responsabilités" pour aider l'avionneur Européen à surmonter sa crise. Voir l'article ici. Nous retombons dans le mythe du prince charmant qui vient réveiller la belle aux bois dormants.
Quelles responsabilités? Lorsque Noël Forgeard, le patron débarqué avait été propulsé par Chirac et avait été de 86 à 87 conseiller pour les affaires industrielles du Premier Ministre Jacques Chirac. N'est-il pas de passage obligé dans notre pays de traverser un cabinet ministériel avant de prendre un poste à haute responsabilité dans l'industrie ? C'est au tour de Louis Gallois (directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement en Mai 1988) de prendre la tête du groupe Airbus. Ce changement de bord annoncerait-il le retour de la gauche en 2007 à l''Elysée ? Simple intuition ou Chiraqueries...
La seule responsabilité que nous pourrions attendre de M. Chirac, c'est de mettre fin à cette connivence de l'industrie et du monde politique. Car l'industrie doit être au service des ses clients et non pas au service de l'Etat.
Pire encore, cette politisation des industries et ses échecs ont des conséquences sur l'image de l'industrie Française dans une compétition internationale. En tant que client Américain ou Chinois, ne suis-je pas mesure de douter de la qualité du produit final dans de telles tensions ? Pire ne suis-je pas en mesure de remettre en question les calendriers de production de Veolia, Alsthom, Suez, Alcatel, France Telecom qui sont dirigés selon les mêmes principes et acteurs qui se recyclent les postes?
Tout comme la séparation de l'Eglise et de l'Etat est un principe de république, la séparation de l'industrie et de l'Etat devrait en être un autre. Ce n'est que dans ces conditions que l'Etat peut remplir en toute intégrité son rôle, sans être juge et parti.
Il est temps que notre société retrouve un sens des responsabilités et de justice ; ce n'est qu'en y favorisant la liberté de choix et la diversité que nous retrouvons un vrai équilibre naturel, et non pas cette situtation instable et convulsée à grand coup d'interventionisme et de planification; prenant en otage la population.
L.L.
Par Ludovic Lassauce
-
Publié dans : Politique
0
-
Recommander
Commentaires