Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix
2006 est un économiste et entrepreneur. Il a fondé, il y a environ 30 ans, la Grameen Bank, la première institution de micro crédit.
Le micro crédit consiste à l'attribution de prêts de faible montant à des artisans ou des entrepreneurs qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques. Je regardais un reportage qui
interviewait une femme d'un village du Bangladesh qui avait emprunté 15 euros, cela lui a permis de monter une fabrique de textile et d'embaucher 15 personnes. Elle a pu ainsi aider toute sa
famille. Le mécanisme financier et assez simple est fait appel à la responsabilité de chaque emprunteur vis à vis de la collectivité.
Aujourd'hui la Grameen Bank a accordé à peu près 3 milliards d'euros de crédit à plus de 2 millions d'emprunteurs au Bangladesh.
Les détracteurs du micro crédit y opposent principalement des taux élevés
(environ 20%, pour comparaison les organismes de crédit à la consommation sont à environ 16% en France) ainsi qu'un détournement des actions humanitaires. Sur ce dernier point, je trouve
particulièrement encourageant que les gens des pays les plus pauvres puissent s'organiser eux-mêmes pour sortir de leur pauvreté. Le micro-crédit est aussi une aubaine pour beaucoup de femmes
pour leur émancipation dans la société (pour la Grameen Bank, 97% des micro-crédits sont pour des femmes).
Je vous invite à consulter le blog de Claude Guillemain représentant d'Alternative Libérale au Mozambique et spécialiste de
micro-crédit.
Au-delà du prix Nobel, Muhammad Yunus illustre que dans une situation difficile (lorsqu'on connaît le taux de pauvreté du Bangladesh) quand les gens ont le droit de s'organiser entre eux, ils
trouvent des solutions pour dépasser leurs problèmes. C'est un bel exemple libéral qui est récompensé par un prix nobel.
Ce principe pourrait être appliqué à d'autre aspect de la société comme pour la sécurité ou la justice en créant des micro-assemblées, voir mon article précédent sur la médiation.
Aujourd'hui nous nous en remettons pour tout à l'Etat providence qui est bien incapable de répondre aux attentes, libéraux nous prônons une société de confiance où les initiatives sont enfin
libérées.
L.L.
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