J'ai eu un échange très intéressant hier alors que je rentrais en métro sur les libertés. Une personne s'asseyant à côté de moi me fit alors remarquée être gênée du bruit pourtant à peine audible que dégageait mon baladeur MP3. J'étais très surpris compte tenu des bruits ambiants environnant de la rame de métro (conversations diverses, sonnerie de téléphone, grincement de la rame, ...).
Nous entamâmes alors une discussion sur les libertés sur une maxime vieille comme le monde: "la liberté s'arrête là où commence celles des autres". Sur ce point rien à dire. Lorsqu'elle conclut ensuite: "il est indispensable donc de contrôler la liberté, de la restreindre au minimum pour être sûr que personne ne puisse franchir la ligne jaune de l'autre, principe de précaution oblige", je m'insurge ! D'abord qui va définir cette ligne jaune, l'Etat ? Et puis comme chacun à son propre référentiel de liberté, nous souhaiterons tous interdire quelque chose de différent, réduisant à 0 le champ de l'autorisé.
Je n'ai pas de problème avec le niveau sonore d'un baladeur MP3 mais je peux être très gêné par des odeurs de transpiration nauséabonde ! Faut-il alors interdire de métro quelqu'un qui selon mes critères sentirait mauvais ! Voilà un raisonnement qui conduit dans le plus abjecte des totalitarismes, lui fis-je remarquer. Une personne assise en face de moi acquiesça et le débat débuta dans la rame.
Ceci illustre bien la société irresponsable dans laquelle on vit. Le moindre effort dans la relation à l’autre, on se réfugie dans les bras de l’Etat qui s’empresse de nous sauver. Il s’empresse alors d’interdire pour le bien de tous… Le prix à payer de cette collaboration est bien cher.
En effet, chacun à son système de valeur et sa propre ligne jaune. Vivre en société c'est accepter ces différences. Les nier, les interdire c'est refuser l'autre et refuser la société et les individus qui la constituent comme première richesse. C'est dans la rencontre avec l'autre et l'échange libre que se crée un consensus. Dans le libre échange, les parties exposent leur différence, les acceptent et construise ainsi un espace commun de liberté.
Pour les libéraux, la liberté n'est pas dictée d'en haut de manière arbitraire (souvent grâce à des groupes de pression mieux organisés qui médiatise à outrance leurs victimes véritable effet « tsunami » sur l’opinion publique) mais établit lors de négociation au cours de rencontres. Et dans bien des situations, le résultat obtenu peut varier.
L.L.
Commentaires