Pendant mon séjour à Lyon ces fêtes de fin d'année 2006, j'ai profité d'une pause café conviviale avec ma femme au "Pain Quotidien". Cette chaleureuse enseigne dans le décor d'une épicerie d'antan, avec ses rayonnages de produits régionaux, de longues tables de bois blond invitent à partager un repas aux côtés d'autres convives. Au petit déjeuner ou au brunch, on tient à servir dans cette maison belge des produits de qualité : confitures bio sans sucre avec du pain au levain, crème chocolatée (blanc, noir au lait). Au déjeuner, salades composées, soupes ou encore les tartines comme celle au bœuf cru et aubergines grillées. On y fait également ses courses : pain frais, huiles d'olive, confitures, de nombreux produits sont en vente.
Alors que je scrutais dans le café, je tombe sur un écriteau faisant référence à un arrêté préfectoral. En effet, la préfecture a décrété de manière arbitraire que le Pain Quotidien - rue des quatre Chapeaux dans le 2ème à Lyon n'aurait le droit de vendre du pain à ses clients que le lundi. En interrogeant le patron du Pain Quotidien sur le sujet, celui-ci à fleur de peau par cette affaire m'expliqua qu'un certain boulanger du coin à travers son syndicat qui voyait d'un mauvais oeil cette concurrence avait fait pression sur les instances étatiques pour obtenir cet arrêté.
Qu'en pensez-vous ?
Voilà un bel exemple indigne de fonctionnement de notre pays. Je trouve cela honteux. D'ailleurs lorsqu'on interroge les entrepreneurs sur la France, leur problème majeur n'est pas l'impôt mais le poids administratif et mafieux qui règne dans ce pays et qui menace toute entreprise de fermer.
Plutôt que de faire des efforts pour améliorer la qualité de ses produits ou de son service pour attirer et conserver ses clients, ce boulanger a usé d'un pouvoir arbitraire et illégitime. Demain va t'on interdire tous les Monoprix de Paris de vendre du pain ?
De plus cette décision de la préfecture outrepasse Denis Broliquier, le maire élu par les habitants du quartier et qui devrait être la seule personne vers qui éventuellement se retourner sur ce genre de conflits très locaux. Cela démontre bien le dysfonctionnement démocratique de nos institutions et les méthodes de notre Etat pour faire tomber arbitrairement des entreprises qui dérangent quelques privilégiés. Dans un pays du tiers monde, on appelle cela de la corruption. Cette injustice me révolte et alimente mon combat pour les valeurs libérales.
Ce cas n'est pas isolé. La préfecture est une arme antidémocratique qui dépend directement du pouvoir central pour faire passer certaines règles de manière la plus arbitraire et en outrepassant les élus locaux. On caricature assez facilement les procès à tout bout de champs aux Etats-Unis, je crois qu'à côté notre situation de non droit et d'injustice en est le digne maître.
Personne n'est à l'abri demain de cette main invisible. C'est pour cette raison que libéraux nous aspirons d'urgence dès 2007 à une société de vrais contre-pouvoirs. La réforme des institutions proposées par Alternative Libérale est un pivot essentiel pour remettre la France sur des rails sains de confiance retrouvée.
L.L.
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Effectivement, c'est révoltant, mais vous pouvez aussi vous pencher sur la situation des restaurateurs dans certains régions, qui n'est pas triste : certains n'ont pas d'autre choix que de cesser leur activité.
Ce boulanger en est un triste exemple, et il y en a malheureusement une très longue liste de comparables.
Il ne faut pas se laisser faire et lutter contre toutes ces injustices à bras le corps.
Je reste malgré tout persuadé que ce "Pain Quotidien" est en mesure se relever de ce coup bas en dessous de la ceinture et faire encore mieux que jusqu'à présent pour booster son CA.
Pourquoi dès lors ne pas sensibiliser la clientèle aux dessous de cet arrêté préfectoral ? Le boulanger voisin verrait drastiquement baisser le volume de sa clientèle, vous ne croyez pas? (Avec le risque de se faire attaquer pour diffamation en retour), mais il serait malheureux de ne pas se défendre face à une telle bassesse.
Je ne savais pas par contre les boulangers "défendus" par un numérus clausus. Ni cette profession accessibles qu'à des patrons ayant un BP .
Par contre si l'objet social de notre boulanger ne prêvoit pas de vendre du pain, il n'a qu'à faire une modif de son objet social. Sommes-nous dans une zone d'aménagement concerté, où chaque commerce possède une certaine excusivité ?
C'est bien beau de mettre de telles situations sur la place publique, mais ce serait mieux de dire sous quels fondements le préfet a déclaré cette vente de pain uniquement lautorisée de lundi. Y a-t-il lieu ici de parler de monopole corporatiste ?
La liberté de chacun doit pouvoir être exercée dans un ensemble de règles que l'état est chargé de faire respecter. La liberté ce n'est pas le droit de tout faire et n'importe quoi. Le premier combat des libéraux est de faire défendre la propriété privée par un état fort. Polémiquer parfois à tord ne fait pas du bien aux libéraux.